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electionsci2016314 juin 201725min0

Face à l’abstention massive et au raz-de-marée d’En Marche ! aux législatives, la question de l’introduction de la proportionnelle lors de ce scrutin se pose à nouveau pour une meilleure représentativité de l’opposition à l’Assemblée nationale.

Plus de 51 % d’abstentionnistes. Lors du premier du tour des législatives, l’abstention était une nouvelle fois le premier parti de France, s’offrant même le luxe de conquérir une majorité absolue.

Désintérêt des électeurs, lassitude après l’enchaînement des scrutins, campagne illisible avec la multiplication des candidatures et des étiquettes, résultats pliés d’avance… Quelles soient bonnes ou mauvaises, les électeurs avaient quelques raisons de bouder les urnes. Cette catastrophe démocratique conduit à réinterroger le mode de scrutin de la seule élection au suffrage universel qui soit de portée nationale en dehors de la présidentielle.

D’ailleurs, le Premier ministre, Édouard Philippe, a jugé qu’il serait « utile » de l’introduire à l’Assemblée nationale pour « ouvrir la répartition des sièges à des courants politiques qui ont du mal à franchir le cap démocratique du scrutin majoritaire ». Sans toutefois préciser la forme que pourrait prendre le projet.

« C’est le mode de scrutin qui est en cause »

« Lorsqu’une formation comme En Marche ! représente 15 % du corps électoral mais va obtenir 75 % des sièges, c’est qu’il y a un problème », constate Christian Delporte, spécialiste de l’histoire politique et culturelle française, interrogé par France 24.

>> À lire aussi : Vu de l’étranger, un petit vent monarchique souffle sur la France

« Cette dissymétrie considérable s’explique par le mode de scrutin », renchérit Olivier Ihl, professeur de sciences politiques à Sciences-Po Grenoble et auteur d’une tribune sur France Info appelant à l’instauration de la proportionnelle. « Le scrutin uninominal majoritaire à deux tours amplifie la sélectivité jusqu’à la rendre caricaturale. Il va falloir introduire la proportionnelle comme le chef de l’État l’a promis durant sa campagne. »

Le professeur grenoblois a pris sa calculette. En se basant sur les résultats du premier tour des législatives et en y appliquant les règles d’un scrutin strictement proportionnel à un seul tour, il a calculé le nombre de sièges qu’aurait obtenu chaque parti. Quand on la compare aux projections Ipsos pour le second tour de dimanche, la différence est stupéfiante : « Avec les mêmes résultats en voix, on obtient deux portraits très différents du Parlement censé représenter la France », résume le politologue. La victoire d’En Marche ! est moins écrasante. Les Républicains les talonnent. Le Front national (FN) et la France insoumise ne sont plus marginalisés. Les Verts, le Parti communiste et Debout la France ont même quelques députés.

© Studio graphique France MM

Un mode de scrutin favorisant l’abstention ?

Durant la campagne présidentielle, Charlotte Girard était l’une des porte-parole de la France insoumise. Elle était également la co-responsable du programme « l’Avenir en commun » qui réclamait le passage à une VIe République et au scrutin proportionnel. Aujourd’hui, candidate à la députation dans la 10e circonscription de l’Essonne, la vague abstentionniste du 1er tour ne l’a pas étonnée.

>> À (re)lire : La VIe République, une idée qui fait son chemin

« Sur le terrain durant la campagne des législatives, il y avait des signes de désintérêt. On a essayé de convaincre notre électorat que la nouvelle élection pouvait encore changer les choses, mais les gens considéraient que c’était fini, que Macron avait gagné », raconte celle qui affronte dimanche 18 juin, pour le second tour, un candidat de la majorité présidentielle. « Ce n’est pas étonnant, cette logique c’est celle de la Ve République »

Tout à l’autre bout de l’échiquier politique, le constat de désintérêt pour les législatives après une présidentielle décevante est partagé. « Les électeurs savent très bien que le mode de scrutin des législatives avantage le parti au pouvoir. Ils se demandent : à quoi ça sert d’aller voter ? », explique Julien Sanchez, maire Front national (FN) de Beaucaire et porte-parole national du parti frontiste pour les législatives.

« On voit qu’à chaque fois qu’il y a un scrutin qui n’est pas proportionnel, les électeurs ont des difficultés à considérer le scrutin comme démocratique », continue le jeune représentant du FN. « Sur les élections régionales ou européennes [qui se tiennent à la proportionnelle, NDLR], les électeurs des petits ou des moyens partis sont beaucoup plus mobilisés puisqu’ils savent qu’ils auront des élus.

« Il y a sans doute une démobilisation en se disant 4c’est foutu !’ mais il faut relativiser », nuance toutefois Christian Delporte, « il y sans doute une part de l’électorat qui a changé de vote pour donner une chance à Macron ».

« Il faut que les règle du jeu soient réécrites par le peuple »

« Pour nous, la Ve République est malade de sa non représentativité et le symptôme c’est abstention », constate Charlotte Girard, par ailleurs maîtresse de conférences de droit public à l’université de Paris-Ouest Nanterre et spécialiste du droit constitutionnel. »Elle ne parvient plus à représenter le peuple, que ce soit qualitativement ou quantitativement », diagnostique la co-responsable du programme de la France insoumise.

.@charligarotte « On assiste à une fatigue démocratique, en raison du dégout de l’offre politique »

Un des axes majeurs du programme « l’Avenir en commun » est le changement de Constitution française pour passer à une VIe République. « Les gens qui se sentent abandonnés ont le réflexe d’abandonner leur droit à la représentation et l’abstention se renforce », explique Charlotte Girard.

Pour rétablir le sentiment de représentation, « Il faut que les règles du jeu soient réécrites par le peuple’, assène la porte-parole de la France Insoumise. Et cela serait passé par une assemblée constituante dont les membres auraient été choisis par un cocktail de proportionnelle et de tirage au sort.

Proportionnelle avec prime majoritaire

« Aujourd’hui, le troisième tour se fait dans la rue avec les syndicats, des manifestations… », s’inquiète Julien Sanchez. « Comment expliquer que M. Mélenchon qui a fait 19 % n’aura peut-être demain que 10 députés ? Comment expliquer que Marine Le Pen qui a fait 22 % n’aura peut-être demain qu’une dizaine de députés aussi ?

Si le constat est le même, la solution proposée par le FN diffère radicalement. Moins révolutionnaire que la proposition de la France insoumise, le parti d’extrême droite propose un simple changement du mode de scrutin vers un scrutin proportionnel avec prime majoritaire.

« Nous somme pour un scrutin de liste nationale à 300 noms », explique Julien Sanchez. « Trois cents car nous souhaitons baisser le nombre de députés. National car les députés sont ceux de la Nation et il faut sortir de la logique de circonscription locale. »

« Et pour que se dégage une majorité stable, il y aurait une prime majoritaire au parti gagnant », veut rassurer le cadre frontiste. En clair, le parti dont la liste arriverait en tête gagnerait un pourcentage fixe de députés supplémentaires, à l’instar de ce qu’il se fait aux municipales où la liste en tête obtient 50 % des sièges au conseil.

Il n’est pas étonnant de voir le FN favorable à l’introduction de la proportionnelle. Historiquement, le seul précédent de la Ve République lui avait plutôt bien réussi. Lors des législatives de 1986, avec la règle du scrutin proportionnelle départementale, le FN avait pu envoyer le record historique de 35 députés à l’Assemblée nationale. À l’époque, François Mitterrand avait changé le mode de scrutin pour limiter la victoire de la droite qui s’annonçait écrasante. Un pari réussi d’ailleurs puisque le RPR et ses alliés n’avaient gagné que d’une courte majorité grâce à la manœuvre. Chirac était revenu sur la réforme en 1987.

« On demande aux députés de se faire hara-kiri »

« La revendication de la proportionnelle vient toujours des minorités », confirme Christian Delporte. Et avec la défaite annoncé des Républicains et du PS, peut-on imaginer les anciens deux grands partis de la vie politique se convertir aux vertus de la proportionnelle ?

« C’est déjà dans l’ADN du parti socialiste. Benoît Hamon voulait le porter dans sa campagne présidentielle. Mais ça l’est moins pour Les Républicains. Ils sont fidèles à la liturgie gaulliste qui soumet le Parlement au président. L’UDI y est favorable mais le cœur des Républicains non », explique l’historien.

Si Édouard Philippe a confirmé, le 13 juin, que la promesse d’Emmanuel Macron était toujours à l’ordre du jour, Franceinfo a révélé que ce projet avait été repoussé par le gouvernement à 2018 en raison d’un calendrier de réformes déjà chargé, notamment par celles sur le droit du travail.

Par le passé, Nicolas Sarkozy et François Hollande s’étaient également engagés à introduire une dose de proportionnelle. Une promesse brisée dans les deux cas. Un comportement qui n’a rien de très étonnant, selon Christian Delporte : « Quand on a une majorité absolue, on n’a pas envie de la voir fondre. Sauf si on passe par un référendum, cela veut dire que les parlementaires votent pour une réduction de leur propre majorité. On leur demande de se faire hara-kiri. Il faut une certaine conviction. »

Messieurs de LR et du PS, si ce mode de scrutin ne vous plait pas… vous aviez 60 ans pour le changer !

« Mais Emmanuel Macron va peut-être vouloir jouer sur sa fibre pro-europe et corriger l’incongruité française qui est aujourd’hui le seul pays de l’Union européenne à ne pas procéder par la proportionnelle », veut croire Olivier Ihl.

D’autres manières de repenser le scrutin ?

Certains analystes réclament à défaut d’une proportionnelle, une fusion des législatives et de la présidentielle. Ces deux scrutins seraient menés le même jour : « C’est une piste mais ça pose d’autres problèmes », analyse Olivier Ihl. « Les débats ne sont pas du tout les mêmes. Il y aurait un problème de séquençage. De plus, tenir les élections législatives le même jour serait encore plus inféodées celles-ci à la présidentielle. On présidentialiserait un régime qui l’est déjà beaucoup trop au goût de certains. »

Souvent dépeint en briseur de conventions et de codes, le président Emmanuel Macron aura-t-il l’audace d’être celui qui déprésidentialisera la Ve République en redonnant une certaine autonomie au Parlement ? Ses premiers pas permettent d’en douter. Mais entre la recomposition des partis à droite et à gauche et l’engagement historique de son allié le MoDem en faveur de la parlementarisation, le nouveau président pourrait ne pas avoir le choix.

Première publication : 14/06/2017

http://www.france24.com/fr/20170614-legislatives-2017-abstention-massive-fait-resurgir-debat-scrutin-proportionnel

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electionsci2016312 juin 20172min0

Le 4 juin, les électeurs de la 9e circonscription des Français de l’étranger (Maghreb et Afrique de l’Ouest) ont voté avec quelques jours d’avance sur la métropole.

Alors que la participation à ces législatives a été faible (14 %), Leila Aïchi, une centriste d’origine algérienne, est arrivée en tête (un peu plus de 20 %), suivie par M’jid El Guerrab, un ex-militant socialiste d’origine marocaine (près de 19 %). Tous deux se réclament de la majorité présidentielle. La République en marche (LREM), d’Emmanuel Macron, avait d’abord investi une personne qui a nié être candidate. Puis, elle a adoubé Leila Aïchi, dont les prises de position sur le Sahara occidental ont déclenché une polémique au Maroc. LREM lui a finalement retiré son investiture, mais le ministère de l’Intérieur l’avait avalisée.

L’amateurisme de LREM a empêché tout débat

Résultat, le nom du mouvement figurait toujours sur ses bulletins. Au dernier moment, LREM a soutenu M’jid El Guerrab sans pour autant l’investir officiellement.

Socialistes et républicains, eux, ne cachent pas leur colère, et les candidats PS, Didier Le Bret, et LR, Erwan Davoux, ne donnent pas de consigne de vote pour le second tour. « L’amateurisme de LREM a empêché tout débat, et laissé libre cours à une bataille d’ego. La campagne a été polluée », déplore Davoux.

Par Jeune Afrique / 

 http://www.jeuneafrique.com/mag/446628/politique/legislatives-marche%E2%80%89-semmele-pinceaux-circonscription-francais-de-letranger/
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electionsci201637 juin 201710min0

À la veille de législatives décisives au Royaume-Uni, le thème de la sécurité est plus que jamais au cœur de la campagne, après la révélation que deux des auteurs du dernier attentat qui a frappé Londres avaient été signalés aux autorités.

Les services de sécurité et de renseignements britanniques sont-ils à la hauteur ? C’est la question que se posent de nombreux Britanniques, après l’attentat perpétré Londres, et qui pourrait avoir une influence sur leur vote aux législatives du jeudi 8 juin.

Dans une interview au Sun publiée dans la soirée du 6 juin, la Première ministre, Theresa May, a voulu apporter une réponse forte. Elle s’est dite prête à détricoter les lois sur les droits de l’Homme l’empêchant de légiférer sur le terrorisme. Elle souhaite par exemple rendre l’expulsion de suspects de terrorisme étrangers plus aisée et accroître la durée de détention pour les suspects de terrorisme.

I’m clear: if human rights laws get in the way of tackling extremism and terrorism, we will change those laws to keep British people saf

Une manière pour la Première ministre de tenter de canaliser la polémique sur l’efficacité des services de renseignement et de sécurité au Royaume-Uni, après la révélation que deux des trois auteurs de l’attentat dans la capitale britannique, trois jours auparavant, étaient connus des autorités.

LÉGISLATIVES BRITANNIQUES : L’ANALYSE DE GAUTIER RYBINSKI, SPÉCIALISTE DE POLITIQUE INTERNATIONALE

L’identité de Youssef Zaghba, un Italien d’origine marocaine de 22 ans, membre de l’équipée meurtrière, a été révélée mardi matin par Scotland Yard, qui a affirmé qu’il n’était pas connu des services de police. Mais selon les autorités italiennes, il avait été repéré en mars 2016 après avoir apparemment cherché à gagner la Syrie, et dûment signalé aux autorités britanniques.

Un second assaillant, Khuram Shazad Butt, 27 ans, un Britannique né au Pakistan était connu des services de police. Proche du prêcheur radical Anjem Choudary, il était même apparu dans un documentaire de Channel 4 intitulé « Mes voisins les jihadistes » diffusé l’an dernier. Pour le journal Telegraph, « il est stupéfiant que des gens qui représentent une telle menace (…) puissent étaler leur idéologie nauséabonde à la télévision sans en subir les conséquences ». Rachid Redouane, 30 ans, qui se présentait comme un binational marocain et libyen, ne faisait l’objet d’aucun signalement.

Questions sans réponse

Après cette troisième attaque en moins de trois mois revendiquée par le groupe État islamique, le pays s’interroge sur l’efficacité des services de sécurité. Khalid Masood, l’auteur de l’attentat de Westminster le 22 mars, Salman Abedi, le kamikaze qui s’est fait exploser à la Manchester Arena le 22 mai, était aussi connu des autorités.

« Ce sont des questions auxquelles les services de police et de renseignement devront répondre », a reconnu le ministre des Affaires étrangères, Boris Johnson, sur SkyNews.

Lors d’un déplacement au Pays de Galles, Theresa May a annoncé que les services de police et de renseignement allaient entreprendre un examen de leur méthodes de travail, comme après l’attentat de Manchester. Le chef de l’opposition travailliste Jeremy Corbyn avait appelé celle-ci à démissionner, lui reprochant les réductions d’effectifs policiers ordonnées lorsqu’elle était ministre de l’Intérieur (2010-2016).

Ces critiques tombent au mauvais moment pour la dirigeante conservatrice, à deux jours d’un scrutin décisif pour la future négociation du Brexit.

Avec AFP                                                                                                                                                 Première publication : 07/06/2017

http://www.france24.com/fr/20170607-attentat-londres-securite-centre-debats-veille-legislatives-theresa-may

 
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electionsci201632 juin 20174min0
LONDRES (AFP) – Le député conservateur britannique Craig Mackinlay a été inculpé vendredi, soupçonné d’avoir enfreint les règles encadrant les dépenses pour son élection en 2015, un nouvel accroc à la campagne de la Première ministre Theresa May pour les législatives du 8 juin.

Le Crown Prosecution Service (CPS, parquet) a expliqué dans un communiqué avoir terminé son enquête, et disposer de « preuves suffisantes pour mettre en examen trois personnes », le député et deux membres de son équipe de campagne.

Le député, élu dans la circonscription sud de Thanet, dans le sud de l’Angleterre, et candidat à sa réélection, est accusé d’avoir « délibérément » rendu des déclarations de dépenses de campagne « erronées ».

Le Parti conservateur a réagi en dénonçant des « allégations infondées ». « Nous pensons qu’ils n’ont rien fait de mal, et sommes convaincus que cela sera prouvé », a indiqué un porte-parole du parti dans un communiqué.

Cette décision est une mauvaise nouvelle pour le parti de Theresa May, en pleine campagne pour les élections législatives.

Elle vient s’ajouter à la polémique qui a accompagné le lancement du programme du parti, sur un projet controversé de réforme des aides sociales aux personnes âgées, et les accusations de coupes budgétaires dans le budget de la sécurité, exprimées à la suite de l’attentat de Manchester.

La considérable avance des conservateur sur l’opposition travailliste observée dans les sondages en avril s’est ainsi fortement réduite, au point de voir les Tories talonnés par le Labour à quelques jours du scrutin.

Début mai, le CPS avait abandonné les poursuites à l’encontre d’autres candidats conservateurs soupçonnés d’avoir eux aussi enfreint les règles du financement électoral lors de la campagne de 2015.

Le CPS avait estimé ne pas disposer de preuves suffisantes « pour prouver pénalement qu’un candidat ou un membre d’une équipe de campagne a agi de manière malhonnête ».

En mars, la commission électorale britannique avait infligé au Parti conservateur une amende record de 70.000 livres (80.000 euros) pour des déclarations inexactes ou sous-évaluées de dépenses lors des campagnes aux législatives de 2015 ainsi qu’à trois élections partielles en 2014.

La commission électorale avait découvert que les Tories avaient soit mal comptabilisé des dépenses, soit ne les avaient pas déclarées du tout, pour un montant de près de 300.000 livres.

© 2017 AFP

02 juin 2017 – 16H20                                                                                       http://www.france24.com/fr/20170602-royaume-uni-depute-conservateur-inculpe-depenses-campagne

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electionsci2016329 mai 20172min0
La chefferie du département de Gagnoa a été invité à trancher les litiges sans complaisance et avec plus de justice dans le rendu de ces décisions, par le professeur Maurice Kakou Guikahué, député de Gnagbodougnoa, Sérihio, Dougroupalégnoa communes et sous-préfectures, et Gagnoa sous-préfecture, lors d’une rencontre à Gagnoa, initiée par le préfet de région du Gôh, avec les autorités coutumières locales.

« Si vous êtes incapables de juger les problèmes, c’est que vous n’êtes pas un chef traditionnel », a d’emblée affirmé samedi, le député, assurant que dans le village, le chef doit pouvoir parler à tous les protagonistes quels que soient leurs rangs sociaux, économiques ou politiques, vu que selon lui, le chef de village est celui qui doit s’adresser à ses administrés quel que soit leur « statut social individuel ».

« Soyez justes et vous serez respectés », a assuré le professeur Kakou Guikahué, invitant tout cadre, quel que soit sa « puissance financière ou politique », à se mettre sous l’autorité du chef du village, dès lors qu’il arrive sur place dans la localité.

La position du député a été nuancée par Dr Gadji Dagbo Joseph, chef du village de Godélilié (dans le canton Guébié) et président de la Chambre départementale des rois et chefs traditionnels de Gagnoa, qui a indexé le politique et les cadres pour leur irruption dans le choix des chefs selon leurs intérêts du moment, conduisant au désordre constaté actuellement au sein de la chefferie traditionnelle.

Le département de Gagnoa regroupe 165 chefs de villages, 16 chefs de cantons et 39 chefs de tribus, a-t-on appris.

dd/fmo

Publié le lundi 29 mai 2017  |  AIP
http://news.abidjan.net/h/615890.html
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electionsci2016323 mai 20172min0

Abidjan (Côte d’Ivoire) – Le Président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire, Guillaume Kigbafori SORO a quitté Abidjan pour Rabat (Maroc) où il prendra part à la 25e Assemblée Régionale Afrique de l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie (APF) a appris, lundi APA, de source officielle.

Selon un communiqué de son service de communication, transmis à APA, cette réunion qui durera deux jours, sera marquée par ‘’l’adoption de l’ordre du jour, la communication du président de la 25è Assemblée Régionale, les messages des chargés de mission Amérique, Asie et Europe de l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie et l’examen du rapport d’activité de la région par la chargée de mission Afrique de l’APF’’.

‘’Des problématiques telles que les liens entre la stabilité et la bonne gouvernance,les défis et enjeux de l’entrepreneuriat en Afrique, la situation politique et sécuritaire en Afrique francophone figurent également au menu des échanges’’, précise le communiqué.

Le sommet de Rabat permettra, enfin, selon le texte, de préparer la 43ème session de l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie prévue en juillet au Luxembourg.

HS/ls

Publié le mardi 23 mai 2017  |  APA

http://news.abidjan.net/h/615551.html

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electionsci201637 avril 20172min0

Initiatrice  du groupe parlementaire ‘’Vox Populi’’, Yasmina Ouegnin, députée de Cocody n’est pas parvenue à intégrer le Bureau de l’Assemblée nationale du fait notamment de l’opposition du RDR et du PDCI. La parlementaire a réagi à cette situation.

Issue du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), Yasmina Ouégnin est parvenue à se faire réélire contre la volonté de sa formation politique députée de Cocody en tant qu’indépendante. Cette ‘’défiance’’, le vieux parti ne l’a pas pardonné à son ancien poulain.

Ainsi, lors de la formation du Bureau de l’Assemblée nationale, le PDCI et son allié, le Rassemblement des Républicains (RDR) se sont opposés à une entrée de Yasmina Ouegnin dans le cercle des vice-présidents du parlement. Intérogée sur cette situation par Jeune Afrique, la jeune élue a préféré dédramatiser.

A (re) lire: Vice-présidence de l’Assemblée nationale: Le RHDP se dresse contre Yasmina Ouégnin et Gnamien Konan

« « C’est un épiphénomène, cela ne nous empêchera pas de travailler et d’être la voix du peuple », a-t-elle indiqué. Poursuivant, l’élue a fait savoir qu’elle n’a « pas cherché à être présidente du groupe parlementaire (Vox populi, ndlr) ».

Finalement, ce sera Martin M’Bolo le président du groupe Vox Populi qui compte à ce jour 9 députés.

Publié le 07/04/2017

http://www.linfodrome.com/vie-politique/32659-barree-par-le-rhdp-pour-le-bureau-de-l-assemblee-nationale-yasmina-ouegnin-c-est-un-epiphenomene

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electionsci201636 avril 20171min0
Ce lundi était jour de rentrée parlementaire pour la nouvelle Assemblée nationale de Côte d’Ivoire. Les 255 premiers députés élus de cette IIIe République en décembre dernier se sont retrouvés dans l’hémicycle pour écouter le discours inaugural du président de l’Assemblée, Guillaume Soro.

Le Député de Bin-houyé, Danin Magloire a donné ses impressions après le discours de Guillaume Soro, pour lui,: « C’est un discours substantiel rempli de bonnes choses. Nous prions Dieu afin qu’il lui donne tout le soutien et les moyens nécessaires afin d’arriver au bout de tous ces projets parce que c’est la Côte d’Ivoire qui bénéficiera et puisque l’on ne peut rien bâtir de solide, de concret s’il n’y a pas de cohésion et de paix. »

Atapointe

Publié le mardi 4 avril 2017  |  Abidjan.net
http://news.abidjan.net/h/612712.html
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electionsci201636 avril 20174min0

Deux jours après le discours inaugural de Guillaume Soro, réélu début janvier à la tête de l’Assemblée nationale ivoirienne, le bureau politique de l’hémicycle a été dévoilé mercredi 5 avril après la constitution des groupes parlementaires.

Ils seront donc bien six groupes parlementaires à siéger au sein de la première Assemblée nationale de la IIIe République. Un hémicycle largement dominé par le Rassemblement des républicains (RDR) : avec 129 députés, le parti présidentiel, présidé à l’Assemblée par son secrétaire général par intérim, Amadou Soumahoro, détient en effet la majorité absolue.

Le RHDP en rang dispersé

Même si le RDR et le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) étaient alliés lors des législatives, les deux formations politiques feront bande à part dans l’hémicycle. Avec 89 députés, le groupe parlementaire du parti d’Henri Konan Bédié sera dirigé par le secrétaire exécutif du PDCI, Maurice Kakou Guikahué.

Également membre du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHPD, coalition au pouvoir), l’UDPCI disposera lui aussi de son propre groupe parlementaire avec neuf députés, menés par Laurent Tchagba.

Trois autres groupes parlementaires, chacun composé de neuf députés, ont également été officiellement constitués. Il s’agit de « Nouvelle vision », présidé par Guy-Hervé Sérodé, et d’ « Agir pour le peuple », mené par Évariste Méambly, député de Facobly et candidat malheureux à l’élection pour la présidence de l’Assemblée en janvier dernier.

Yasmina Ouégnin écartée du bureau politique

Enfin, le groupe « Vox Populi », créé sous l’impulsion de la frondeuse Yasmina Ouégnin, membre du PDCI d’Henri Konan Bédié et candidate indépendante à Cocody après avoir été recalée lors des investitures du RHDP, comptera lui aussi neuf membres.

Yasmina Ouégnin, dont le nom avait beaucoup circulé relativement à une possible intégration dans le le bureau politique de l’Assemblée nationale, n’en fera en revanche pas partie. Selon les informations de Jeune Afrique, le RDR et le PDCI s’étaient opposés à la présence de la députée fro (…)

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Source: jeuneafrique.com / Publié le 6 avril 2017

http://news.educarriere.ci/news-21002-cote-d-ivoire-les-six-groupes-parlementaires-de-l-assemblee-nationale-constitues.html

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electionsci201634 avril 201732min0
…) Chers Collègues,

Au moment où s’ouvre la toute première session ordinaire de l’Assemblée nationale de la 3ème République, je ne puis m’empêcher d’avoir une pensée pour tous nos concitoyens, ces femmes de qualité, ces hommes de talent, ces jeunes de grande valeur qui, chaque jour, du fond de leurs âmes, trouvent en eux l’étincelle sublime pour apporter un plus au feu sacré de la construction de notre Nation.

En effet, Chers Collègues, l’émotion de nous trouver dans cet hémicycle, à nouveau pour les uns et nouvellement pour les autres, ne doit pas nous faire perdre de vue notre devoir de reconnaissance à leur endroit et doit rappeler à notre conscience, les espoirs qu’ils placent en nous.

Chers Collègues
Distingués invités

Le contexte institutionnel nouveau de notre pays, adoubé par nos concitoyens, a entrainé un changement de rythme et de nature dans le fonctionnement de notre appareil législatif.

Ainsi, nous inaugurons ce jour-même le nouveau fonctionnement de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, qui désormais, consacre la session ordinaire unique, laquelle commence le premier jour ouvrable du mois d’avril et prend fin le dernier jour ouvrable du mois de décembre, selon les dispositions de l’article 94 de la loi N° 2016-886 du 8 novembre 2016 portant Constitution de la République de Côte d’Ivoire.

Nous sommes, chers collègues Députés, désormais astreints à une nouvelle norme ouvrant un cycle de travail parlementaire ininterrompu de 09 mois. L’ancienne norme caractérisée par deux sessions ordinaires, séparées par des périodes d’intersession trimestrielles a donc vécu. Une tradition est ainsi abolie et une nouvelle s’établit.

De même, il convient de ranger au Panthéon des traditions qui ont illuminé nos 60 ans d’histoire parlementaire, le système monocaméral qui, pendant plusieurs décennies, a régi notre mode de production législatif.

Désormais, l’Assemblée nationale partage concurremment avec le Sénat, dans le cadre d’un système bicaméral, le privilège, entre autres, de vote des Lois de la République. La Représentation nationale s’incarne désormais dans deux corps législatifs distincts : l’Assemblée nationale et le Sénat.

Chers Collègues Députés,

Mais avant d’aller plus loin, permettez-moi de me tourner vers tous nos illustres invités de ce jour. Je leur souhaite la chaleureuse bienvenue à l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire et leur adresse nos salutations bien fraternelles.

Je commencerai par le Vice-Président de la République, et pour cause, Son Excellence Monsieur Daniel Kablan DUNCAN.

De Premier Ministre hier à Aujourd’hui Vice-Président, vous avez toujours répondu présent à nos invitations.

Tout en vous exprimant notre sincère gratitude, Excellence Monsieur le Vice-Président, c’est le lieu pour moi de vous renouveler notre admiration pour cette nomination qui consacre, comme tous les Ivoiriens le savent, votre stature d’Homme d’Etat toujours au service de la Nation.

Je veux également saluer Monsieur le Premier Ministre Amadou GON COULIBALY, ici présent, ainsi que les Membres du Gouvernement qui l’accompagnent.

Monsieur le Premier Ministre, l’Assemblée nationale, par ma voix, saisit l’opportunité de ce jour pour vous adresser ses vives félicitations pour la confiance méritée du Président de la République en vous confiant cette importante responsabilité. Tout en vous souhaitant plein succès, je tiens à vous assurer, comme cela l’a toujours été, de la disponibilité de l’Assemblée nationale à vous accompagner. Merci d’être présent !

Madame et Messieurs les Présidents d’Institutions, mes chers pairs, je vous retrouve avec plaisir dans cet hémicycle. Me réjouissant à nouveau de vos soutiens réguliers à chacune de nos rentrées parlementaires, veuillez trouver en ces peu de mots, la sincérité de la gratitude de l’Assemblée nationale. Merci à tous d’être présent !

Chers collègues Députés, je veux aussi traduire notre reconnaissance à Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et les Représentants des Organisations internationales accréditées en Côte d’Ivoire. Je me réjouis de ce que les relations de coopération avec notre pays résistent au temps et constituent une source de fierté pour nous Elus de la Nation.

Je salue toutes les personnalités administratives, politiques et militaires, les chefs traditionnels et religieux, tout le public présent pour avoir répondu à notre invitation.

A présent, je me tourne vers les délégations étrangères qui rehaussent de leurs présences notre cérémonie, comme cela a tantôt été annoncé.

J’exprime ici la reconnaissance des Députés Ivoiriens :

• A Monsieur Alban Sumana Kingsford Bagbin, 2ème Vice-président, représentant le Président de l’Assemblée nationale du Ghana, Son Excellence Aaron Nike OQUAYE.

Chers collègues du Ghana, je veux ici saluer l’alternance politique pacifique intervenue dans votre pays, qui démontre, si besoin en était, l’exemplarité démocratique dont fait preuve la Nation Ghanéenne depuis quelques décennies.
Merci d’être venus !

• A Monsieur YAHAYA OUMAROU, 6ème Vice-président l’Assemblée nationale du Niger.

C’est avec plaisir que nous recevons votre délégation dont la présence traduit les liens d’amitié qui unissent nos deux pays. Vous voudrez transmettre à Son Excellence Monsieur OUSSEINI TINNI que vous représentez mon désir de le visiter très prochainement ainsi qu’il m’y avait invité.

• A Monsieur Bindi OUOBA, Président de la Commission des Affaires Etrangères de l’Assemblée nationale du Burkina Faso.

La forte délégation que vous conduisez traduit le cheminement historique de nos deux peuples qui ont en partage les valeurs ancestrales d’hospitalité, de solidarité et d’intégrité.

Je vous prie de transmettre mes chaleureuses salutations à mon ainé, Son Excellence Monsieur Salif DIALLO, Président de l’Assemblée nationale du Burkina Faso que vous représentez ici. Merci !

Au total, chers collègues des délégations parlementaires venues de pays frères, votre présence reflète, à n’en point douter, la longue tradition de bon voisinage entre nos pays que prolonge et consolide, si heureusement, la diplomatie parlementaire.

Pour terminer, Mesdames et Messieurs, qu’il me soit permis, de saluer tout singulièrement un invité personnel, M. Simo LAHKMIRI, Président de « Lakson International Développent ». Il nous arrive du Canada. Merci cher ami pour le long chemin parcouru pour nous témoigner ton amitié à notre Institution.

Distingués invités,
Mesdames et Messieurs

Notre session s’ouvre dans un environnement international et national en pleine mutation aux plans politique, économique et social.

En effet, nous observons avec beaucoup d’intérêt les mutations politiques en cours dans de nombreux pays. Dans les vieilles démocraties d’Europe et d’Amérique du nord notamment, les processus électoraux aboutissent à des résultats quelquefois inattendus. Les instituts de sondage et les meilleurs analystes politiques sont saisis d’un fait : les schémas classiques de dévolution du pouvoir politique par le biais d’appareils partisans, semblent s’enrayer face à la montée en puissance de candidats hors-système.

A l’analyse, les choix électoraux des Peuples d’Europe et d’Amérique du Nord semblent plutôt liés aux changements en profondeur qui affectent le capitalisme contemporain, avec la dérégulation maximale dans l’économie et les finances.

L’apparente incapacité des gouvernements démocratiques du nord à apporter des réponses précises et cohérentes aux difficultés économiques, aux problèmes de chômage, d’immigration et de sécurité poussent certains électeurs à se tourner, bien des fois, vers des leaders populistes. Ils expriment ainsi autant leurs craintes de la mondialisation économique que du système des inégalités sans cesse croissantes qu’il génère à l’intérieur des Etats et entre les Etats.

Ne nous voilons pas la face : il existe bel et bien un clivage qui s’est développé entre les gagnants de la mondialisation et ceux qui n’y trouvent pas leur compte. Ceux qui ont accès aux marchés étrangers et au travail international, grâce à l’ouverture des frontières, à la dérégulation et à la suppression des barrières douanières et tarifaires, d’un côté. Et de l’autre, ceux qui du fait de cette libéralisation extrême, ne récoltent que perte d’emplois, perte de marchés, délocalisations, faillites, aggravation des inégalités sociales entre riches et pauvres, uniformisation des spécificités culturelles aux standards des pays les plus riches.

De ceci, Mesdames et Messieurs, que retenir ? Je dirais deux choses : d’une part, la montée en puissance des candidats radicaux et des populistes n’est pas le signe d’un rejet de la mondialisation. C’est plutôt, à mon avis, la manifestation d’un sentiment de peur face à un système qui semble ne pas les protéger convenablement et ne pas leur offrir suffisamment de perspectives, au plan de l’épanouissement individuel. D’autre part, le recul des apparatchiks issus du sérail partisan, montre que le citoyen-électeur a son mot à dire et n’est captif d’aucun mode de pensée.

Dès lors, il nous revient de réfléchir et de trouver des solutions innovantes, en enrichissant le débat politique qui, hélas, s’est considérablement appauvri au fur et à mesure du temps.

Dans ce monde hyper connecté, chers collègues, qui est désormais le nôtre, les médias sociaux ont changé la perception que les électeurs ont des pouvoirs établis, de leurs discours, de leurs pratiques.
Les mobilisations parallèles sur ces réseaux génèrent des syndicats virtuels animés par les perdants de la mondialisation qui se vengent des élites dont les politiques conduisent parfois à plus d’austérité.
Pour nous Africains, la leçon doit couler de source :

• D’abord, nous adapter et dompter ces médias en vue d’en faire un outil de communication viable pour la promotion de nos politiques innovantes et sociales ;

• Ensuite, traduire des politiques plus sociales et faire plus de redistribution, résorber le chômage et créer un mécanisme plus solidaire.

Distingués Invités,

A présent, évoquons ensemble les défis de notre pays.

En effet, notre forte croissance économique constante ces dernières années a visiblement et parallèlement induit une demande sociale de plus en plus élevée. Comme si nous étions victimes de notre propre succès, les tensions dans l’armée, les grèves des fonctionnaires, l’inquiétude des planteurs devant les fluctuations des cours du cacao, le chômage persistant, l’émigration de notre jeunesse, nous rappellent qu’il y a encore de grands défis à relever pour asseoir la cohésion sociale dans notre pays.

Je regarde, cependant, avec une légitime fierté les places acquises, que dis-je, conquises par notre pays, dans le palmarès des pays dont les économies sont les plus dynamiques. S’il est normal que de tels résultats suscitent des attentes à la hauteur de la grandeur retrouvée, en revanche, la violence et la cupidité de certains d’entre nous peuvent compromettre durablement cette embellie prometteuse.

C’est le lieu de marquer notre soutien indéfectible au Président de la République, Son Excellence Alassane OUATTARA, face à la conjoncture actuelle.

Honorables Députés,
Mesdames et Messieurs,

Le fait social nous renvoie à l’une de nos missions fondamentales : celle qui consiste à écouter notre peuple, à sentir les battements de son cœur, à connaître ses aspirations, à identifier les épreuves auxquelles il est soumis et à tracer avec lui les voies d’un avenir meilleur.

L’Assemblée nationale, comme vous le savez, n’est pas une entité isolée dans notre système institutionnel. Dans sa configuration politique actuelle, le parlement est comptable des succès du Gouvernement comme de ses contreperformances.
En tant qu’acteur institutionnel, il doit jouer sa partition dans l’éveil des consciences. Il doit pouvoir utiliser en toute liberté mais en toute conscience son pouvoir d’interpellation.

En raison de cette vocation particulière, j’ai souhaité que cette première année de la présente Législature soit consacrée à l’approfondissement du Pardon et de la Réconciliation nationale entre tous les Ivoiriens, par-delà leurs communautés ethniques ou leurs appartenances ou sensibilités politiques.

Sans doute, Chers collègues, nombreux parmi vous s’en souviendront, il y a de cela 5 ans, le 12 mars 2012, plus exactement, lors de la séance inaugurale de la dernière législature je prononçais cette phrase qui me revient encore à l’esprit et je cite : « la première marche vers le réveil définitif de notre jeune nation est sans aucun doute la Réconciliation entre ses filles et ses fils ».

Aujourd’hui encore, Mesdames et messieurs, la Réconciliation dans notre pays reste manifestement une quête à assouvir. Elle ne peut, au demeurant, ni se départir ni se défaire de son compagnon qui, à mes yeux, reste le Pardon.

En effet, Chers Collègues Députés, le mot Pardon signifie faire grâce, laisser vivre quelqu’un qui nous paraît condamné. C’est notre part de don de soi. Le pardon à autrui renvoie à un acte de politesse, un acte qui instaure la civilité entre les personnes, recréant entre ces personnes une relation de convivialité qui dissout le conflit qui les opposait dans le retour à la vie normale.

Bien sûr, il y a des amalgames sur le sens du pardon. Nous devrons doncveiller à les éviter.

Ainsi :
• certains refusent de pardonner parce qu’ils croient que pardonner, c’est cautionner le mal qui a été commis ;

• certains encore, refusent de pardonner parce qu’ils croient qu’on leur impose ainsi la réconciliation ;

• d’autres, refusent de pardonner parce qu’ils croient que ce serait renoncer à la justice ;

• enfin, d’autres, fort pessimistes, refusent de pardonner parce qu’ils croient que c’est faire preuve de faiblesse.

Au-delà de tout, le pardon c’est principalement la guérison des blessures du cœur, une hygiène intérieure par laquelle nous retrouvons la liberté d’aimer en nous débarrassant du poison de la haine et en évitant de laisser cette haine s’accumuler dangereusement en nous.

En définitive, le pardon, c’est l’acceptation mutuelle de revivre ensemble en mettant fin aux causes et pratiques qui nous ont opposés et faits atrocement souffrir par le passé.

Chers Collègues, Respectables invités,

Un proverbe juif, à juste titre, dit ceci : « Dans l’amitié, ménage une petite place pour la brouille; et dans la brouille, une autre pour la réconciliation. »

Voilà pourquoi, dans une société comme la nôtre, qui a connu et traversé des tragédies, le pardon est l’antichambre nécessaire de la réconciliation nationale. Celle-ci se fait nécessairement entre moi et mon prochain. Elle suppose un mouvement réciproque de chacun vers l’autre, un pas décisif vers le renouveau des relations humaines.

La réconciliation désigne le rétablissement des liens humains, le raccommodement de la société, la réhabilitation d’un espace de vie qui avait été auparavant profané par les tragédies.

J’ai voulu ainsi retrouver le sens premier des mots pardon et réconciliation pour rappeler que les conflits sont au cœur de l’expérience quotidienne des êtres humains. Aucune société organisée ne peut se résoudre à vivre dans un contexte d’affrontement perpétuel. Lorsque la guerre arrive parce que les différends ont été exacerbés, le pardon et la réconciliation sont les seules conditions d’un retour à une vie paisible.

Chers Invités,
Chers collègues,

Nous sommes en avril 2017. Six années sont passées depuis la fin de la violence postélectorale. Mais il y a encore certains qui réclament le rétablissement de l’ordre ancien ; il y a dans notre Cité, un Pardon qui n’arrive pas à se donner, ou qui se donne de manière incomplète. Il y a des résistances au Pardon et à la réconciliation.

Vous me demanderez à quelles conditions devons-nous aller au pardon et à la réconciliation ?

Le Pardon dans une société politique organisée ne peut avoir la valeur d’un don. Dans les affaires humaines, la repentance est ce qui conditionne l’acceptation du pardon. Pourquoi avoir honte de demander pardon quand on n’a pas eu honte de s’affronter ? Le courage, retenez le, dans le conflit ne vaut rien sans le courage dans la paix.

Je veux ici m’adresser à ceux de nos compatriotes qui se sont enfermés dans un autisme moral total, je les appelle au pardon.
Il est temps qu’ils ouvrent leurs cœurs, comme nous ouvrons les nôtres ; qu’ils demandent pardon comme nous demandons pardon nous-mêmes ; qu’ils participent pleinement au jeu politique et que chacun respecte des règles justes, des mécanismes transparents dans la conquête, l’exercice et la transmission du pouvoir.

Osons la Repentance. Osons le Pardon. Osons la Réconciliation. Osons l’Amour. Notre commune humanité nous le commande. Notre pays attend cela de nous. Nos amis et nos voisins nous y encouragent. Notre fraternité est bien plus forte que nos divergences politiques, idéologiques, sociales, ethniques, religieuses.

Distingués Invités,
Honorables Députés,

Pour sortir de l’emprise de la haine et de la douleur morale et aller à la réconciliation, il nous faut agir à trois niveaux :

• sur le plan structurel, la réconciliation suppose la sécurité pour tous, l’éducation assurée à chaque génération, le bien-être et la prospérité partagés par tous les citoyens du pays. Qui ne sait pas que l’aigreur et la rancœur prospèrent davantage là où l’ignorance, la pauvreté, le chômage et la discrimination règnent ?

Vouloir la réconciliation structurelle, c’est incontestablement accentuer notre effort d’intégration sociale et économique, sans discrimination régionale, tribale, culturelle ou politique ;

• sur le plan psycho-sociologique, la réconciliation passe par la transformation de la représentation de l’Autre. Il s’agit ici d’une nouvelle éducation à l’écoute et à la compréhension de ceux qui sont différents de nous dans leur manière de penser et de faire, mais qui sont pourtant comme nous, des personnes humaines.
Notre traditionnelle parenté africaine à plaisanteries et nos alliances traditionnelles, mais aussi l’humour de nos acteurs et le travail critique de nos intellectuels doivent ici être mis en valeur ;

• enfin, sur le plan spirituel, la réconciliation naît de la communion des cœurs autour de valeurs humaines universelles, comme le sont notamment la justice et la vérité. La réconciliation éprouve notre capacité à maintenir l’ordre, à promouvoir une société juste et stable sans nous affranchir des principes éthiques et des règles de droit.

Il est par conséquent nécessaire qu’au plan interne, soient conduits de manière sereine mais diligente, l’ensemble des processus judiciaires en cours afin de donner au Chef de l’Etat lui-même, les moyens juridiques lui permettant de clore politiquement, le chapitre le moins glorieux de notre histoire par des gestes concrets qui consacrent le pardon et au-delà, la réconciliation des cœurs et des esprits.

Mesdames et Messieurs, pour mesurer l’importance de la réconciliation dans tous les aspects de nos vies, gardons présent à l’esprit ces mots forts d’un écrivain: « Une seule minute de réconciliation mérite mieux que toute une vie d’amitié ».

Chers collègues Députés,

Après cette profession de foi, foi en notre capacité à mettre en pratique le Vivre Ensemble dans la paix, tel que nous l’a laissé en héritage le Président Félix Houphouët-Boigny, vous me permettrez, avant de clore mon adresse du jour, de partager avec vous, en quelques mots, mes ambitions pour notre Institution.

Après les importants acquis obtenus au cours de la précédente Législature, je voudrais m’engager à poursuivre avec vous, chers collègues, l’œuvre de repositionnement de notre Institution dans la Nation et sur l’échiquier international.

De même, nous continuerons à jouer notre rôle, conformément aux pouvoirs constitutionnels dévolus.

Comme je vous le faisais déjà remarquer, le 9 janvier dernier, à la suite de ma réélection à la tête de l’Institution, je m’attèlerai, au cours des prochaines années, à faire de l’ Assemblée nationale, « une Institution parlementaire en phase avec son temps, ouverte sur la société et qui appelle, par ses choix et par ses actes, au rassemblement de tous, une Institution largement informée des préoccupations de nos compatriotes et qui travaille, de concert avec le Gouvernement, à élever progressivement le niveau de vie des Ivoiriens».

C’est cette vision, chers Collègues, qui guidera chacune de nos actions et dont la mise en œuvre impose que nous cultivions certaines valeurs telles que l’ouverture, le rassemblement et la complémentarité.

S’agissant de l’ouverture, nous devons rendre notre Institution encore plus accessible à nos concitoyens. Nous devons nous rapprocher le plus possible de nos mandants pour une meilleure prise en compte de leurs préoccupations.

En ce qui concerne le rassemblement des Ivoiriens, il est de notre devoir d’y travailler sans relâche en vue du renforcement de la cohésion sociale, de la sécurité et de la paix dans notre pays. Le rassemblement des Ivoiriens sous-entend, bien évidemment, que les Députés eux-mêmes dans leur ensemble sont rassemblés, soudés et solidaires, en dépit de leurs différentes obédiences ou chapelles politiques. Je le dis avec force, chers Collègues, l’Assemblée nationale doit être le creuset du Rassemblement des Ivoiriens. Elle doit demeurer une Institution qui apaise nos populations et leur redonne de l’espoir.

Pour ce qui est de la complémentarité, je souligne que seule une synergie d’actions avec le Gouvernement ainsi qu’avec les autres Institutions de la République pourra conduire notre pays vers des horizons meilleurs et améliorer ainsi les conditions de vie de nos populations. Il nous faut donc cultiver et consolider cette complémentarité d’action.

Vous conviendrez avec moi, chers Collègues, que tout cela ne sera possible que si règne au sein de notre Institution un climat de convivialité, de confiance et de solidarité, entre les différentes individualités appelées à animer les principaux organes de l’Assemblée que sont les groupes parlementaires, le Bureau, les Commissions permanentes et la Conférence des Présidents.

J’en appelle à la responsabilité de chaque Député pour une culture du dialogue vraie et pour la poursuite sans relâche de la concertation entre les Députés. Gardons à l’esprit, chers collègues, l’intérêt supérieur de la Nation et ne perdons pas de vue le bien-être de nos concitoyens.

Pour la mise en œuvre de cette vision, chers collègues, nous procéderons, au cours des prochaines semaines, avec l’appui de nos partenaires techniques et financiers, notamment l’USAID et le PNUD, à l’élaboration du Plan stratégique 2017-2020 qui constituera, comme vous l’imaginez, notre boussole pour cette Législature.

Je voudrais pouvoir compter sur la pleine implication de chacun d’entre vous, dans la mise en œuvre de cet outil important de travail.

Pour finir, chers collègues, je m’engage avec vous à écrire les pages nouvelles de la vie parlementaire de notre pays, sous la 3ème République et sous des auspices heureux.

Par expérience, j’ai appris que « lorsqu’un Député reste plein de sollicitude envers ces mandants, il ne peut craindre un jour de troquer la plénitude contre la solitude ».

Tâchons, chers collègues, de nous en souvenir tout le long de notre mandat.

Je vous remercie.

Guillaume Kigbafori SORO

 Publié le lundi 3 avril 2017  |  Assemblée Nationale
http://news.abidjan.net/h/612661.html
…) Chers Collègues,

Au moment où s’ouvre la toute première session ordinaire de l’Assemblée nationale de la 3ème République, je ne puis m’empêcher d’avoir une pensée pour tous nos concitoyens, ces femmes de qualité, ces hommes de talent, ces jeunes de grande valeur qui, chaque jour, du fond de leurs âmes, trouvent en eux l’étincelle sublime pour apporter un plus au feu sacré de la construction de notre Nation.

En effet, Chers Collègues, l’émotion de nous trouver dans cet hémicycle, à nouveau pour les uns et nouvellement pour les autres, ne doit pas nous faire perdre de vue notre devoir de reconnaissance à leur endroit et doit rappeler à notre conscience, les espoirs qu’ils placent en nous.

Chers Collègues
Distingués invités

Le contexte institutionnel nouveau de notre pays, adoubé par nos concitoyens, a entrainé un changement de rythme et de nature dans le fonctionnement de notre appareil législatif.

Ainsi, nous inaugurons ce jour-même le nouveau fonctionnement de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, qui désormais, consacre la session ordinaire unique, laquelle commence le premier jour ouvrable du mois d’avril et prend fin le dernier jour ouvrable du mois de décembre, selon les dispositions de l’article 94 de la loi N° 2016-886 du 8 novembre 2016 portant Constitution de la République de Côte d’Ivoire.

Nous sommes, chers collègues Députés, désormais astreints à une nouvelle norme ouvrant un cycle de travail parlementaire ininterrompu de 09 mois. L’ancienne norme caractérisée par deux sessions ordinaires, séparées par des périodes d’intersession trimestrielles a donc vécu. Une tradition est ainsi abolie et une nouvelle s’établit.

De même, il convient de ranger au Panthéon des traditions qui ont illuminé nos 60 ans d’histoire parlementaire, le système monocaméral qui, pendant plusieurs décennies, a régi notre mode de production législatif.

Désormais, l’Assemblée nationale partage concurremment avec le Sénat, dans le cadre d’un système bicaméral, le privilège, entre autres, de vote des Lois de la République. La Représentation nationale s’incarne désormais dans deux corps législatifs distincts : l’Assemblée nationale et le Sénat.

Chers Collègues Députés,

Mais avant d’aller plus loin, permettez-moi de me tourner vers tous nos illustres invités de ce jour. Je leur souhaite la chaleureuse bienvenue à l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire et leur adresse nos salutations bien fraternelles.

Je commencerai par le Vice-Président de la République, et pour cause, Son Excellence Monsieur Daniel Kablan DUNCAN.

De Premier Ministre hier à Aujourd’hui Vice-Président, vous avez toujours répondu présent à nos invitations.

Tout en vous exprimant notre sincère gratitude, Excellence Monsieur le Vice-Président, c’est le lieu pour moi de vous renouveler notre admiration pour cette nomination qui consacre, comme tous les Ivoiriens le savent, votre stature d’Homme d’Etat toujours au service de la Nation.

Je veux également saluer Monsieur le Premier Ministre Amadou GON COULIBALY, ici présent, ainsi que les Membres du Gouvernement qui l’accompagnent.

Monsieur le Premier Ministre, l’Assemblée nationale, par ma voix, saisit l’opportunité de ce jour pour vous adresser ses vives félicitations pour la confiance méritée du Président de la République en vous confiant cette importante responsabilité. Tout en vous souhaitant plein succès, je tiens à vous assurer, comme cela l’a toujours été, de la disponibilité de l’Assemblée nationale à vous accompagner. Merci d’être présent !

Madame et Messieurs les Présidents d’Institutions, mes chers pairs, je vous retrouve avec plaisir dans cet hémicycle. Me réjouissant à nouveau de vos soutiens réguliers à chacune de nos rentrées parlementaires, veuillez trouver en ces peu de mots, la sincérité de la gratitude de l’Assemblée nationale. Merci à tous d’être présent !

Chers collègues Députés, je veux aussi traduire notre reconnaissance à Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et les Représentants des Organisations internationales accréditées en Côte d’Ivoire. Je me réjouis de ce que les relations de coopération avec notre pays résistent au temps et constituent une source de fierté pour nous Elus de la Nation.

Je salue toutes les personnalités administratives, politiques et militaires, les chefs traditionnels et religieux, tout le public présent pour avoir répondu à notre invitation.

A présent, je me tourne vers les délégations étrangères qui rehaussent de leurs présences notre cérémonie, comme cela a tantôt été annoncé.

J’exprime ici la reconnaissance des Députés Ivoiriens :

• A Monsieur Alban Sumana Kingsford Bagbin, 2ème Vice-président, représentant le Président de l’Assemblée nationale du Ghana, Son Excellence Aaron Nike OQUAYE.

Chers collègues du Ghana, je veux ici saluer l’alternance politique pacifique intervenue dans votre pays, qui démontre, si besoin en était, l’exemplarité démocratique dont fait preuve la Nation Ghanéenne depuis quelques décennies.
Merci d’être venus !

• A Monsieur YAHAYA OUMAROU, 6ème Vice-président l’Assemblée nationale du Niger.

C’est avec plaisir que nous recevons votre délégation dont la présence traduit les liens d’amitié qui unissent nos deux pays. Vous voudrez transmettre à Son Excellence Monsieur OUSSEINI TINNI que vous représentez mon désir de le visiter très prochainement ainsi qu’il m’y avait invité.

• A Monsieur Bindi OUOBA, Président de la Commission des Affaires Etrangères de l’Assemblée nationale du Burkina Faso.

La forte délégation que vous conduisez traduit le cheminement historique de nos deux peuples qui ont en partage les valeurs ancestrales d’hospitalité, de solidarité et d’intégrité.

Je vous prie de transmettre mes chaleureuses salutations à mon ainé, Son Excellence Monsieur Salif DIALLO, Président de l’Assemblée nationale du Burkina Faso que vous représentez ici. Merci !

Au total, chers collègues des délégations parlementaires venues de pays frères, votre présence reflète, à n’en point douter, la longue tradition de bon voisinage entre nos pays que prolonge et consolide, si heureusement, la diplomatie parlementaire.

Pour terminer, Mesdames et Messieurs, qu’il me soit permis, de saluer tout singulièrement un invité personnel, M. Simo LAHKMIRI, Président de « Lakson International Développent ». Il nous arrive du Canada. Merci cher ami pour le long chemin parcouru pour nous témoigner ton amitié à notre Institution.

Distingués invités,
Mesdames et Messieurs

Notre session s’ouvre dans un environnement international et national en pleine mutation aux plans politique, économique et social.

En effet, nous observons avec beaucoup d’intérêt les mutations politiques en cours dans de nombreux pays. Dans les vieilles démocraties d’Europe et d’Amérique du nord notamment, les processus électoraux aboutissent à des résultats quelquefois inattendus. Les instituts de sondage et les meilleurs analystes politiques sont saisis d’un fait : les schémas classiques de dévolution du pouvoir politique par le biais d’appareils partisans, semblent s’enrayer face à la montée en puissance de candidats hors-système.

A l’analyse, les choix électoraux des Peuples d’Europe et d’Amérique du Nord semblent plutôt liés aux changements en profondeur qui affectent le capitalisme contemporain, avec la dérégulation maximale dans l’économie et les finances.

L’apparente incapacité des gouvernements démocratiques du nord à apporter des réponses précises et cohérentes aux difficultés économiques, aux problèmes de chômage, d’immigration et de sécurité poussent certains électeurs à se tourner, bien des fois, vers des leaders populistes. Ils expriment ainsi autant leurs craintes de la mondialisation économique que du système des inégalités sans cesse croissantes qu’il génère à l’intérieur des Etats et entre les Etats.

Ne nous voilons pas la face : il existe bel et bien un clivage qui s’est développé entre les gagnants de la mondialisation et ceux qui n’y trouvent pas leur compte. Ceux qui ont accès aux marchés étrangers et au travail international, grâce à l’ouverture des frontières, à la dérégulation et à la suppression des barrières douanières et tarifaires, d’un côté. Et de l’autre, ceux qui du fait de cette libéralisation extrême, ne récoltent que perte d’emplois, perte de marchés, délocalisations, faillites, aggravation des inégalités sociales entre riches et pauvres, uniformisation des spécificités culturelles aux standards des pays les plus riches.

De ceci, Mesdames et Messieurs, que retenir ? Je dirais deux choses : d’une part, la montée en puissance des candidats radicaux et des populistes n’est pas le signe d’un rejet de la mondialisation. C’est plutôt, à mon avis, la manifestation d’un sentiment de peur face à un système qui semble ne pas les protéger convenablement et ne pas leur offrir suffisamment de perspectives, au plan de l’épanouissement individuel. D’autre part, le recul des apparatchiks issus du sérail partisan, montre que le citoyen-électeur a son mot à dire et n’est captif d’aucun mode de pensée.

Dès lors, il nous revient de réfléchir et de trouver des solutions innovantes, en enrichissant le débat politique qui, hélas, s’est considérablement appauvri au fur et à mesure du temps.

Dans ce monde hyper connecté, chers collègues, qui est désormais le nôtre, les médias sociaux ont changé la perception que les électeurs ont des pouvoirs établis, de leurs discours, de leurs pratiques.
Les mobilisations parallèles sur ces réseaux génèrent des syndicats virtuels animés par les perdants de la mondialisation qui se vengent des élites dont les politiques conduisent parfois à plus d’austérité.
Pour nous Africains, la leçon doit couler de source :

• D’abord, nous adapter et dompter ces médias en vue d’en faire un outil de communication viable pour la promotion de nos politiques innovantes et sociales ;

• Ensuite, traduire des politiques plus sociales et faire plus de redistribution, résorber le chômage et créer un mécanisme plus solidaire.

Distingués Invités,

A présent, évoquons ensemble les défis de notre pays.

En effet, notre forte croissance économique constante ces dernières années a visiblement et parallèlement induit une demande sociale de plus en plus élevée. Comme si nous étions victimes de notre propre succès, les tensions dans l’armée, les grèves des fonctionnaires, l’inquiétude des planteurs devant les fluctuations des cours du cacao, le chômage persistant, l’émigration de notre jeunesse, nous rappellent qu’il y a encore de grands défis à relever pour asseoir la cohésion sociale dans notre pays.

Je regarde, cependant, avec une légitime fierté les places acquises, que dis-je, conquises par notre pays, dans le palmarès des pays dont les économies sont les plus dynamiques. S’il est normal que de tels résultats suscitent des attentes à la hauteur de la grandeur retrouvée, en revanche, la violence et la cupidité de certains d’entre nous peuvent compromettre durablement cette embellie prometteuse.

C’est le lieu de marquer notre soutien indéfectible au Président de la République, Son Excellence Alassane OUATTARA, face à la conjoncture actuelle.

Honorables Députés,
Mesdames et Messieurs,

Le fait social nous renvoie à l’une de nos missions fondamentales : celle qui consiste à écouter notre peuple, à sentir les battements de son cœur, à connaître ses aspirations, à identifier les épreuves auxquelles il est soumis et à tracer avec lui les voies d’un avenir meilleur.

L’Assemblée nationale, comme vous le savez, n’est pas une entité isolée dans notre système institutionnel. Dans sa configuration politique actuelle, le parlement est comptable des succès du Gouvernement comme de ses contreperformances.
En tant qu’acteur institutionnel, il doit jouer sa partition dans l’éveil des consciences. Il doit pouvoir utiliser en toute liberté mais en toute conscience son pouvoir d’interpellation.

En raison de cette vocation particulière, j’ai souhaité que cette première année de la présente Législature soit consacrée à l’approfondissement du Pardon et de la Réconciliation nationale entre tous les Ivoiriens, par-delà leurs communautés ethniques ou leurs appartenances ou sensibilités politiques.

Sans doute, Chers collègues, nombreux parmi vous s’en souviendront, il y a de cela 5 ans, le 12 mars 2012, plus exactement, lors de la séance inaugurale de la dernière législature je prononçais cette phrase qui me revient encore à l’esprit et je cite : « la première marche vers le réveil définitif de notre jeune nation est sans aucun doute la Réconciliation entre ses filles et ses fils ».

Aujourd’hui encore, Mesdames et messieurs, la Réconciliation dans notre pays reste manifestement une quête à assouvir. Elle ne peut, au demeurant, ni se départir ni se défaire de son compagnon qui, à mes yeux, reste le Pardon.

En effet, Chers Collègues Députés, le mot Pardon signifie faire grâce, laisser vivre quelqu’un qui nous paraît condamné. C’est notre part de don de soi. Le pardon à autrui renvoie à un acte de politesse, un acte qui instaure la civilité entre les personnes, recréant entre ces personnes une relation de convivialité qui dissout le conflit qui les opposait dans le retour à la vie normale.

Bien sûr, il y a des amalgames sur le sens du pardon. Nous devrons doncveiller à les éviter.

Ainsi :
• certains refusent de pardonner parce qu’ils croient que pardonner, c’est cautionner le mal qui a été commis ;

• certains encore, refusent de pardonner parce qu’ils croient qu’on leur impose ainsi la réconciliation ;

• d’autres, refusent de pardonner parce qu’ils croient que ce serait renoncer à la justice ;

• enfin, d’autres, fort pessimistes, refusent de pardonner parce qu’ils croient que c’est faire preuve de faiblesse.

Au-delà de tout, le pardon c’est principalement la guérison des blessures du cœur, une hygiène intérieure par laquelle nous retrouvons la liberté d’aimer en nous débarrassant du poison de la haine et en évitant de laisser cette haine s’accumuler dangereusement en nous.

En définitive, le pardon, c’est l’acceptation mutuelle de revivre ensemble en mettant fin aux causes et pratiques qui nous ont opposés et faits atrocement souffrir par le passé.

Chers Collègues, Respectables invités,

Un proverbe juif, à juste titre, dit ceci : « Dans l’amitié, ménage une petite place pour la brouille; et dans la brouille, une autre pour la réconciliation. »

Voilà pourquoi, dans une société comme la nôtre, qui a connu et traversé des tragédies, le pardon est l’antichambre nécessaire de la réconciliation nationale. Celle-ci se fait nécessairement entre moi et mon prochain. Elle suppose un mouvement réciproque de chacun vers l’autre, un pas décisif vers le renouveau des relations humaines.

La réconciliation désigne le rétablissement des liens humains, le raccommodement de la société, la réhabilitation d’un espace de vie qui avait été auparavant profané par les tragédies.

J’ai voulu ainsi retrouver le sens premier des mots pardon et réconciliation pour rappeler que les conflits sont au cœur de l’expérience quotidienne des êtres humains. Aucune société organisée ne peut se résoudre à vivre dans un contexte d’affrontement perpétuel. Lorsque la guerre arrive parce que les différends ont été exacerbés, le pardon et la réconciliation sont les seules conditions d’un retour à une vie paisible.

Chers Invités,
Chers collègues,

Nous sommes en avril 2017. Six années sont passées depuis la fin de la violence postélectorale. Mais il y a encore certains qui réclament le rétablissement de l’ordre ancien ; il y a dans notre Cité, un Pardon qui n’arrive pas à se donner, ou qui se donne de manière incomplète. Il y a des résistances au Pardon et à la réconciliation.

Vous me demanderez à quelles conditions devons-nous aller au pardon et à la réconciliation ?

Le Pardon dans une société politique organisée ne peut avoir la valeur d’un don. Dans les affaires humaines, la repentance est ce qui conditionne l’acceptation du pardon. Pourquoi avoir honte de demander pardon quand on n’a pas eu honte de s’affronter ? Le courage, retenez le, dans le conflit ne vaut rien sans le courage dans la paix.

Je veux ici m’adresser à ceux de nos compatriotes qui se sont enfermés dans un autisme moral total, je les appelle au pardon.
Il est temps qu’ils ouvrent leurs cœurs, comme nous ouvrons les nôtres ; qu’ils demandent pardon comme nous demandons pardon nous-mêmes ; qu’ils participent pleinement au jeu politique et que chacun respecte des règles justes, des mécanismes transparents dans la conquête, l’exercice et la transmission du pouvoir.

Osons la Repentance. Osons le Pardon. Osons la Réconciliation. Osons l’Amour. Notre commune humanité nous le commande. Notre pays attend cela de nous. Nos amis et nos voisins nous y encouragent. Notre fraternité est bien plus forte que nos divergences politiques, idéologiques, sociales, ethniques, religieuses.

Distingués Invités,
Honorables Députés,

Pour sortir de l’emprise de la haine et de la douleur morale et aller à la réconciliation, il nous faut agir à trois niveaux :

• sur le plan structurel, la réconciliation suppose la sécurité pour tous, l’éducation assurée à chaque génération, le bien-être et la prospérité partagés par tous les citoyens du pays. Qui ne sait pas que l’aigreur et la rancœur prospèrent davantage là où l’ignorance, la pauvreté, le chômage et la discrimination règnent ?

Vouloir la réconciliation structurelle, c’est incontestablement accentuer notre effort d’intégration sociale et économique, sans discrimination régionale, tribale, culturelle ou politique ;

• sur le plan psycho-sociologique, la réconciliation passe par la transformation de la représentation de l’Autre. Il s’agit ici d’une nouvelle éducation à l’écoute et à la compréhension de ceux qui sont différents de nous dans leur manière de penser et de faire, mais qui sont pourtant comme nous, des personnes humaines.
Notre traditionnelle parenté africaine à plaisanteries et nos alliances traditionnelles, mais aussi l’humour de nos acteurs et le travail critique de nos intellectuels doivent ici être mis en valeur ;

• enfin, sur le plan spirituel, la réconciliation naît de la communion des cœurs autour de valeurs humaines universelles, comme le sont notamment la justice et la vérité. La réconciliation éprouve notre capacité à maintenir l’ordre, à promouvoir une société juste et stable sans nous affranchir des principes éthiques et des règles de droit.

Il est par conséquent nécessaire qu’au plan interne, soient conduits de manière sereine mais diligente, l’ensemble des processus judiciaires en cours afin de donner au Chef de l’Etat lui-même, les moyens juridiques lui permettant de clore politiquement, le chapitre le moins glorieux de notre histoire par des gestes concrets qui consacrent le pardon et au-delà, la réconciliation des cœurs et des esprits.

Mesdames et Messieurs, pour mesurer l’importance de la réconciliation dans tous les aspects de nos vies, gardons présent à l’esprit ces mots forts d’un écrivain: « Une seule minute de réconciliation mérite mieux que toute une vie d’amitié ».

Chers collègues Députés,

Après cette profession de foi, foi en notre capacité à mettre en pratique le Vivre Ensemble dans la paix, tel que nous l’a laissé en héritage le Président Félix Houphouët-Boigny, vous me permettrez, avant de clore mon adresse du jour, de partager avec vous, en quelques mots, mes ambitions pour notre Institution.

Après les importants acquis obtenus au cours de la précédente Législature, je voudrais m’engager à poursuivre avec vous, chers collègues, l’œuvre de repositionnement de notre Institution dans la Nation et sur l’échiquier international.

De même, nous continuerons à jouer notre rôle, conformément aux pouvoirs constitutionnels dévolus.

Comme je vous le faisais déjà remarquer, le 9 janvier dernier, à la suite de ma réélection à la tête de l’Institution, je m’attèlerai, au cours des prochaines années, à faire de l’ Assemblée nationale, « une Institution parlementaire en phase avec son temps, ouverte sur la société et qui appelle, par ses choix et par ses actes, au rassemblement de tous, une Institution largement informée des préoccupations de nos compatriotes et qui travaille, de concert avec le Gouvernement, à élever progressivement le niveau de vie des Ivoiriens».

C’est cette vision, chers Collègues, qui guidera chacune de nos actions et dont la mise en œuvre impose que nous cultivions certaines valeurs telles que l’ouverture, le rassemblement et la complémentarité.

S’agissant de l’ouverture, nous devons rendre notre Institution encore plus accessible à nos concitoyens. Nous devons nous rapprocher le plus possible de nos mandants pour une meilleure prise en compte de leurs préoccupations.

En ce qui concerne le rassemblement des Ivoiriens, il est de notre devoir d’y travailler sans relâche en vue du renforcement de la cohésion sociale, de la sécurité et de la paix dans notre pays. Le rassemblement des Ivoiriens sous-entend, bien évidemment, que les Députés eux-mêmes dans leur ensemble sont rassemblés, soudés et solidaires, en dépit de leurs différentes obédiences ou chapelles politiques. Je le dis avec force, chers Collègues, l’Assemblée nationale doit être le creuset du Rassemblement des Ivoiriens. Elle doit demeurer une Institution qui apaise nos populations et leur redonne de l’espoir.

Pour ce qui est de la complémentarité, je souligne que seule une synergie d’actions avec le Gouvernement ainsi qu’avec les autres Institutions de la République pourra conduire notre pays vers des horizons meilleurs et améliorer ainsi les conditions de vie de nos populations. Il nous faut donc cultiver et consolider cette complémentarité d’action.

Vous conviendrez avec moi, chers Collègues, que tout cela ne sera possible que si règne au sein de notre Institution un climat de convivialité, de confiance et de solidarité, entre les différentes individualités appelées à animer les principaux organes de l’Assemblée que sont les groupes parlementaires, le Bureau, les Commissions permanentes et la Conférence des Présidents.

J’en appelle à la responsabilité de chaque Député pour une culture du dialogue vraie et pour la poursuite sans relâche de la concertation entre les Députés. Gardons à l’esprit, chers collègues, l’intérêt supérieur de la Nation et ne perdons pas de vue le bien-être de nos concitoyens.

Pour la mise en œuvre de cette vision, chers collègues, nous procéderons, au cours des prochaines semaines, avec l’appui de nos partenaires techniques et financiers, notamment l’USAID et le PNUD, à l’élaboration du Plan stratégique 2017-2020 qui constituera, comme vous l’imaginez, notre boussole pour cette Législature.

Je voudrais pouvoir compter sur la pleine implication de chacun d’entre vous, dans la mise en œuvre de cet outil important de travail.

Pour finir, chers collègues, je m’engage avec vous à écrire les pages nouvelles de la vie parlementaire de notre pays, sous la 3ème République et sous des auspices heureux.

Par expérience, j’ai appris que « lorsqu’un Député reste plein de sollicitude envers ces mandants, il ne peut craindre un jour de troquer la plénitude contre la solitude ».

Tâchons, chers collègues, de nous en souvenir tout le long de notre mandat.

Je vous remercie.

Guillaume Kigbafori SORO

 Publié le lundi 3 avril 2017  |  Assemblée Nationale
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