Situation politique: Important tournant pour Soro, aujourd’hui

19 mai 202110min0

Ce que va faire le président de Gps face à Ouattara Retour dans le box des accusés de Guillaume Kigbafori Soro, ce mercredi 19 mai 2021. Le président démissionnaire de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, président de Générations et peuples solidaires (Gps), en exil en Europe, accusé de « complot et atteinte à l’autorité de l’État », sera jugé par défaut, avec 19 personnalités de sa « galaxie », dont ses frères Simon et Rigobert Soro. Ce procès d’aujourd’hui sonne comme le dernier clou dans le ‘’cercueil’’ politique de l’ancien Premier ministre. Les déboires judiciaires de l’ancien candidat à la présidentielle de 2020 vont crescendo, depuis qu’il a rompu le cordon avec son ex-allié, Alassane Ouattara, chef de l’État, fondateur du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp, au pouvoir).

Accusé d’avoir acheté en 2007 son immense résidence de Marcory résidentielle avec des fonds publics, il a été condamné en avril 2020 à 20 ans de prison, pour « recel de détournement de deniers publics », « blanchiment de capitaux » et à 4,5 milliards de francs Cfa d’amende », avec à la clé, la confiscation « de sa maison et la privation de droits civiques » par le Tribunal correctionnel d’Abidjan.

Ce mercredi 19 mai, rebelote. Cette fois-ci, l’ancien député de Ferké devra faire face à un Tribunal criminel, pour une tentative présumée d’«insurrection, complot et atteinte à l’autorité de l’État ». Les 23 et 24 décembre 2019, le parquet d’Abidjan a ouvert une information judiciaire contre Guillaume Kigbafori Soro « et tous autres, pour présomptions graves de tentative d’atteinte contre l’autorité de l’État et l’intégrité du territoire national et de complot », avait indiqué, le vendredi 30 avril 2021, Adou Richard Christophe, procureur de la République près le Tribunal de première instance d’Abidjan.

L’ex-ministre Lobognon Alain Michel, fidèle parmi les fidèles de Guillaume Soro, et 14 autres sont poursuivis, de leur côté, pour « diffusion de nouvelles fausses tendant à jeter le discrédit sur les institutions et leur fonctionnement et ayant entraîné une atteinte au moral de la population et atteinte à l’autorité de l’État », toujours selon le procureur Adou Richard Christophe.  Dans ce dossier, au moins 102 personnes, pour lesquelles les investigations se poursuivent, sont en détention. Huit personnes ont été renvoyées devant le Tribunal correctionnel et 20 autres devant le Tribunal criminel.

                                       

Descente aux enfers…

 

Les ex-ministres Affoussiata Bamba Lamine, le directeur de protocole de Guillaume Soro, Koné Souleymane Kamaraté dit Soul To Soul, Touré Moussa, son directeur de la Communication, Sekongo Félicien, président du Mouvement pour la promotion des valeurs nouvelles en Côte d’Ivoire  (Mvci),Traoré Babou, Sess Soukou Mohamed, Issiaka Fofana, Atsé Kouamé Jean-Baptiste, Zébré Souleymane, Kamagaté Adama, Silué Emmanuel, Bamba, Dosso Seydou, Koné Abouma, Traoré Lamine et Fofana Kouakou sont cités à comparaître dans ce dossier. Comme sanctions encourues pour les chefs d’accusation d’attentat et de complot contre l’autorité de l’État, « c’est l’emprisonnement à vie. En la matière, c’est la peine maximale de l’infraction la plus gravement réprimée qui est appliquée », avait prévenu, le jeudi 26 décembre 2019, le procureur Richard Adou Christophe.

Guillaume Soro et ses coaccusés, s’ils venaient à être déclarés coupables, pourraient se voir donc infliger la peine maximale. La question qui est au centre des débats aujourd’hui en Côte d’Ivoire est de savoir ce que va ou ce que peut faire l’ancien chef rebelle pour se tirer de cette mauvaise passe ? Va-t-il continuer sa guerre contre le chef de l’État depuis son exil ou va-t-il finalement jeter l’éponge pour espérer rentrer au pays après une mesure de grâce ou une loi d’amnistie ?

Guillaume Soro sait qu’il est dans une mauvaise posture.  A-t-il les moyens de mener et gagner ce duel avec Alassane Ouattara ? Rien n’est moins sûr.  Sur quoi ou sur qui compte alors l’ancien député de Ferké ? Devra-t-il s’agenouiller face à Ouattara pour implorer son pardon ou alors va-t-il poursuivre le combat ?  Face à la situation qui est la sienne aujourd’hui, il est évident que Guillaume Soro s’embarrasse sur une alternative à prendre. Faire amende honorable ou continuer de « moisir » en exil jusqu’à une fin hypothétique du règne d’Alassane Ouattara. Ceux qui continuent, malgré tout, de lui témoigner leur fidélité, dont certains sont en prison et d’autres dispersés dans la nature, peuvent-ils encore longtemps tenir ?

Au plan intérieur, Soro enregistre une cascade de défections et non des moindres. Dans les rangs de ceux qui se tapaient la poitrine hier, comme étant ses farouches partisans, beaucoup sont sur le point de raccrocher.  Guillaume Soro n’a plus un seul représentant à l’Assemblée nationale, après avoir boycotté les dernières législatives.  On ne connaît aucun ministre du gouvernement Achi Patrick qui soit proche de lui. L’enfant de Kofiplé s’est mis à dos des ex-com’zone dans l’armée, après qu’il se soit brouillé avec Alassane Ouattara.

Pis, Guillaume Soro aurait perdu les grâces de Henri Konan Bédié. Le président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci) aurait pris ses distances vis-à-vis de lui, après l’épisode du Conseil national de transition ( Cnt).

L’ancien Secrétaire général des ex-Forces nouvelles n’est pas non plus en odeur de sainteté avec Laurent Gbagbo et, par ricochet, avec les « Gbagbo ou rien » (Gor). Si ce n’est pas une chute vertigineuse de l’ancien chef du gouvernement, l’on peut dire, à tout le moins, qu’il est en train de se fracasser contre le réel…Victime du syndrome de l’arroseur arrosé, sa carrière politique pourrait s’achever par une descente aux enfers, pour une longue période. Et pourtant, il était parti d’un bon pied… D’un destin extraordinaire qui l’a propulsé, en tant que chef de l’aile politique de la rébellion de 2002, doublement Premier ministre puis Président de l’Assemblée nationale, à un cheveu du fauteuil présidentiel en Côte d’Ivoire. Guillaume Soro est dans une période difficile de sa vie aujourd’hui.

A 49 ans, l’on peut dire qu’au plan politique, il tient encore son destin entre ses mains à la tête de son mouvement politique. Néanmoins, à moins d’aller à Canossa ou par le fait d’une « puissance mystérieuse », ses chances de rebondir face au régime Alassane Ouattara sont, pour de nombreux observateurs, quasi nulles. Si ce n’est encore le cas, il est presque dans une véritable déveine aujourd’hui.  Son ex-allié, Alassane Ouattara, le chef de l’État, qu’il a aidé à accéder au pouvoir pendant la crise post-électorale de 2010-2011, n’est pas prêt de lui pardonner l’affront dont il a été l’objet de sa part. Guillaume Soro est allé trop loin, selon des observateurs, dans ses déclarations jugées attentatoires à l’image et à l’honneur du numéro 1 ivoirien.

Ce procès d’aujourd’hui pourrait être le dernier clou dans le ‘’cercueil’’ politique de Guillaume Soro, face à Alassane Ouattara. Pour avoir refusé de marcher aux pas du chef de l’État et au rythme du Rhdp, Guillaume Soro devrait en payer le prix…

                                        

Armand B. DEPEYLA

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Ce que va faire le président de Gps face à Ouattara Retour dans le box des accusés de Guillaume Kigbafori Soro, ce mercredi 19 mai 2021. Le président démissionnaire de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, président de Générations et peuples solidaires (Gps), en exil en Europe, accusé de « complot et atteinte à l’autorité de l’État », sera jugé par défaut, avec 19 personnalités de sa « galaxie », dont ses frères Simon et Rigobert Soro. Ce procès d’aujourd’hui sonne comme le dernier clou dans le ‘’cercueil’’ politique de l’ancien Premier ministre. Les déboires judiciaires de l’ancien candidat à la présidentielle de 2020 vont crescendo, depuis qu’il a rompu le cordon avec son ex-allié, Alassane Ouattara, chef de l’État, fondateur du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp, au pouvoir).

Accusé d’avoir acheté en 2007 son immense résidence de Marcory résidentielle avec des fonds publics, il a été condamné en avril 2020 à 20 ans de prison, pour « recel de détournement de deniers publics », « blanchiment de capitaux » et à 4,5 milliards de francs Cfa d’amende », avec à la clé, la confiscation « de sa maison et la privation de droits civiques » par le Tribunal correctionnel d’Abidjan.

Ce mercredi 19 mai, rebelote. Cette fois-ci, l’ancien député de Ferké devra faire face à un Tribunal criminel, pour une tentative présumée d’«insurrection, complot et atteinte à l’autorité de l’État ». Les 23 et 24 décembre 2019, le parquet d’Abidjan a ouvert une information judiciaire contre Guillaume Kigbafori Soro « et tous autres, pour présomptions graves de tentative d’atteinte contre l’autorité de l’État et l’intégrité du territoire national et de complot », avait indiqué, le vendredi 30 avril 2021, Adou Richard Christophe, procureur de la République près le Tribunal de première instance d’Abidjan.

L’ex-ministre Lobognon Alain Michel, fidèle parmi les fidèles de Guillaume Soro, et 14 autres sont poursuivis, de leur côté, pour « diffusion de nouvelles fausses tendant à jeter le discrédit sur les institutions et leur fonctionnement et ayant entraîné une atteinte au moral de la population et atteinte à l’autorité de l’État », toujours selon le procureur Adou Richard Christophe.  Dans ce dossier, au moins 102 personnes, pour lesquelles les investigations se poursuivent, sont en détention. Huit personnes ont été renvoyées devant le Tribunal correctionnel et 20 autres devant le Tribunal criminel.

                                       

Descente aux enfers…

 

Les ex-ministres Affoussiata Bamba Lamine, le directeur de protocole de Guillaume Soro, Koné Souleymane Kamaraté dit Soul To Soul, Touré Moussa, son directeur de la Communication, Sekongo Félicien, président du Mouvement pour la promotion des valeurs nouvelles en Côte d’Ivoire  (Mvci),Traoré Babou, Sess Soukou Mohamed, Issiaka Fofana, Atsé Kouamé Jean-Baptiste, Zébré Souleymane, Kamagaté Adama, Silué Emmanuel, Bamba, Dosso Seydou, Koné Abouma, Traoré Lamine et Fofana Kouakou sont cités à comparaître dans ce dossier. Comme sanctions encourues pour les chefs d’accusation d’attentat et de complot contre l’autorité de l’État, « c’est l’emprisonnement à vie. En la matière, c’est la peine maximale de l’infraction la plus gravement réprimée qui est appliquée », avait prévenu, le jeudi 26 décembre 2019, le procureur Richard Adou Christophe.

Guillaume Soro et ses coaccusés, s’ils venaient à être déclarés coupables, pourraient se voir donc infliger la peine maximale. La question qui est au centre des débats aujourd’hui en Côte d’Ivoire est de savoir ce que va ou ce que peut faire l’ancien chef rebelle pour se tirer de cette mauvaise passe ? Va-t-il continuer sa guerre contre le chef de l’État depuis son exil ou va-t-il finalement jeter l’éponge pour espérer rentrer au pays après une mesure de grâce ou une loi d’amnistie ?

Guillaume Soro sait qu’il est dans une mauvaise posture.  A-t-il les moyens de mener et gagner ce duel avec Alassane Ouattara ? Rien n’est moins sûr.  Sur quoi ou sur qui compte alors l’ancien député de Ferké ? Devra-t-il s’agenouiller face à Ouattara pour implorer son pardon ou alors va-t-il poursuivre le combat ?  Face à la situation qui est la sienne aujourd’hui, il est évident que Guillaume Soro s’embarrasse sur une alternative à prendre. Faire amende honorable ou continuer de « moisir » en exil jusqu’à une fin hypothétique du règne d’Alassane Ouattara. Ceux qui continuent, malgré tout, de lui témoigner leur fidélité, dont certains sont en prison et d’autres dispersés dans la nature, peuvent-ils encore longtemps tenir ?

Au plan intérieur, Soro enregistre une cascade de défections et non des moindres. Dans les rangs de ceux qui se tapaient la poitrine hier, comme étant ses farouches partisans, beaucoup sont sur le point de raccrocher.  Guillaume Soro n’a plus un seul représentant à l’Assemblée nationale, après avoir boycotté les dernières législatives.  On ne connaît aucun ministre du gouvernement Achi Patrick qui soit proche de lui. L’enfant de Kofiplé s’est mis à dos des ex-com’zone dans l’armée, après qu’il se soit brouillé avec Alassane Ouattara.

Pis, Guillaume Soro aurait perdu les grâces de Henri Konan Bédié. Le président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci) aurait pris ses distances vis-à-vis de lui, après l’épisode du Conseil national de transition ( Cnt).

L’ancien Secrétaire général des ex-Forces nouvelles n’est pas non plus en odeur de sainteté avec Laurent Gbagbo et, par ricochet, avec les « Gbagbo ou rien » (Gor). Si ce n’est pas une chute vertigineuse de l’ancien chef du gouvernement, l’on peut dire, à tout le moins, qu’il est en train de se fracasser contre le réel…Victime du syndrome de l’arroseur arrosé, sa carrière politique pourrait s’achever par une descente aux enfers, pour une longue période. Et pourtant, il était parti d’un bon pied… D’un destin extraordinaire qui l’a propulsé, en tant que chef de l’aile politique de la rébellion de 2002, doublement Premier ministre puis Président de l’Assemblée nationale, à un cheveu du fauteuil présidentiel en Côte d’Ivoire. Guillaume Soro est dans une période difficile de sa vie aujourd’hui.

A 49 ans, l’on peut dire qu’au plan politique, il tient encore son destin entre ses mains à la tête de son mouvement politique. Néanmoins, à moins d’aller à Canossa ou par le fait d’une « puissance mystérieuse », ses chances de rebondir face au régime Alassane Ouattara sont, pour de nombreux observateurs, quasi nulles. Si ce n’est encore le cas, il est presque dans une véritable déveine aujourd’hui.  Son ex-allié, Alassane Ouattara, le chef de l’État, qu’il a aidé à accéder au pouvoir pendant la crise post-électorale de 2010-2011, n’est pas prêt de lui pardonner l’affront dont il a été l’objet de sa part. Guillaume Soro est allé trop loin, selon des observateurs, dans ses déclarations jugées attentatoires à l’image et à l’honneur du numéro 1 ivoirien.

Ce procès d’aujourd’hui pourrait être le dernier clou dans le ‘’cercueil’’ politique de Guillaume Soro, face à Alassane Ouattara. Pour avoir refusé de marcher aux pas du chef de l’État et au rythme du Rhdp, Guillaume Soro devrait en payer le prix…

                                        

Armand B. DEPEYLA

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