Retrait de la CAN 2021 à la Côte d’Ivoire : Des dirigeants demandent à la FIF de saisir le TAS

Retrait de la CAN 2021 à la Côte d’Ivoire : Des dirigeants demandent à la FIF de saisir le TAS

13 décembre 201810min0
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Le retrait annoncé de la Coupe d’Afrique des nations (CAN 2021) à la Côte d’Ivoire était, le mercredi 12 décembre 2018, au centre des échanges entre la Fédération ivoirienne de football (FIF) et les clubs de Ligue 1, Ligue 2, D3 ainsi que les groupements d’intérêts lors de la rencontre qui a eu lieu à l’hôtel Palm Club de Cocody.

Le président de la Fédération ivoirienne de football (FIF), Augustin Sidy Diallo, a rencontré, le mercredi 12 décembre 2018, les présidents de Ligue 1 et 2 ainsi que ceux de D3 et groupements d’intérêts, à l’hôtel Palm Club de Cocody pour se pencher sur le retrait annoncé de la CAN 2021 à la Côte d’Ivoire.

Cette rencontre à laquelle a pris part le président du Comité d’organisation de la CAN 2021 (COCAN 2021), Lambert Feh Kessé, a été l’occasion pour les responsables de club de crier leur indignation, après la sortie du président de la Confédération africaine de football (CAF), Ahmad Ahmad, qui a déclaré que la compétition de 2021 initialement attribuée à la Côte d’Ivoire, reviendra désormais au Cameroun.

Dans leur écrasante majorité, les clubs n’apprécient la sortie du président de la CAF et souhaitent que le président de la FIF, Augustin Sidy Daillo, saisissent le Tribunal arbitral du sport (TAS).

Ils ont notamment dit que la Côte d’Ivoire n’a rien à voir avec l’incapacité supposée du Cameroun à organiser la compétition de 2019 et exigent que celle de 2021 reviennent à la Côte d’Ivoire comme initialement établi.

Les réactions de quelques présidents de club après la réunion avec la FIF

Sanogo Souleymane (Président de Sol FC d’Abobo) : « On ne peut pas nous retirer une CAN comme ça »

« On était venu écouter le président de la Fédération ivoirienne de football qui nous a instruits sur le dossier de la CAN 2021. Aujourd’hui, il y a beaucoup de rumeurs. Mais il faut dire que la CAN concerne d’abord les clubs que nous sommes, les supporters ivoiriens et la Fédération ivoirienne de football. Après l’exposé du président (le président de la FIF, Augustin Sidy Diallo : ndlr), les présidents de club que nous sommes, nous sommes en phase avec lui. Nous soutenons le président Sidy Diallo. Nous lui avons demandé de porter une plainte auprès de l’instance suprême. Aujourd’hui, c’est le TAS qui commande. Donc nous pensons qu’il est tout à fait normal que nous soyons solidaires de la FIF en exigeant au président (de la Fédération) de porter une plainte. On ne peut pas nous retirer une CAN comme ça, ce n’est pas possible. Parce que la CAN pour nous, c’est une aubaine pour les clubs que nous sommes. Avec toutes ces infrastructures et tout l’engouement qui seront autour de l’événement, on vient nous retirer la compétition sans qu’on nous dise concrètement pourquoi. La Côte d’Ivoire a les capacités et les moyens d’honorer le cahier de charges donné par la Confédération africaine de football. Pour nous, il n’est pas question de retirer cette CAN à la Côte d’Ivoire. Nous les clubs, nous exigeons à la Fédération ivoirienne de maintenir cette date et de porter une plainte auprès du TAS…La CAF ne peut pas ignorer la FIF et adresser un courrier à d’autres personnalités. Nous disons que c’est un peu malsain de la part de la Confédération africaine de football. Il faut respecter les textes de la CAF. Et c’est ce que nous demandons. Les textes de la CAF sont clairs. Si les textes nous donnent tort, on acceptera la décision. Mais tant que ce n’est pas le cas, en tout cas, nous exigeons que la Fédération ivoirienne de football porte plainte auprès du TAS pour que la loi soit dite. C’est tout. »

Dosso Sinani (Président de l’Entente Sportive du Bafing) : « Nous avons le temps de finir les infrastructures »

« Moi, je suis pour l’organisation de la CAN en 2021. Je tiens compte d’un certain nombre de paramètres. La capacité de notre Etat. Le budget qu’on nous a annoncé n’est pas hors de la capacité de la Côte d’Ivoire. Nous avons fait plus que ça avec le 3ème pont. 200 et quelques milliards pour finir nos stades, en 24 ou 29 mois, c’est largement possible Et nous sommes donc dans le temps. Les routes sont en train d’être faites, San Pedro, le prolongement de l’autoroute jusqu’à Bouaké. Korhogo, tout commence à rentrer dans l’ordre. Je pense que nous avons le temps de finir les infrastructures. Et donc il faut qu’on se batte pour garder la CAN 2021 et non celle de 2023 qui est hypothétique. »

Dia Mamadou (Président de LYS de Sassandra et membre du comité exécutif de la FIF) : « Dire que nous ne serons pas prêts pour cette CAN, c’est faire injure à la Côte d’Ivoire »

« Le pays du président Houphouët Boigny est un pays de travailleurs, de personnes de paroles. Nous avons des autorités qui travaillent, qui savent relever les défis. Et dire que nous ne serons pas prêts pour cette CAN, je pense que c’est faire injure à la Côte d’Ivoire. La manière n’a pas été bonne parce qu’en la matière, il y a une méthode. Il faut appliquer les textes. Et ce que nous constatons, c’est que les textes n’ont pas été appliqués. Ce n’est pas juste. On apprend beaucoup de choses dans les médias. Et derrière, officiellement sur la manière de faire, les choses ne sont pas appliquées. Ça, ce n’est pas bon. Nous sommes un pays de dialogue. On va utiliser le dialogue, mais en même temps, on va appliquer les textes. Il ne faut pas laisser les choses telles qu’elles sont. Le président (le président Augustin Sidy Diallo : ndlr) a voulu venir écouter les clubs. Je pense qu’il y a une unanimité sur la décision à prendre. Nous ne pouvons pas accepter qu’on nous retire notre CAN. On la veut, nous sommes capables. C’est la Côte d’Ivoire, nous sommes capables de l’organiser et nous serons prêts pour l’organiser. Et donc il va falloir décider quelque chose avec le dialogue, mais il faut appliquer les textes (…). Nous (FIF : ndlr) n’avons pas reçu de courrier de la part de la CAF. Nous avons appris l’information dans les médias, de la même manière que la population. Jamais, nous n’avons été contactés par la CAF pour nous informer officiellement de ce changement. On ne va pas s’asseoir et attendre parce que les choses vont vite. Je pense qu’avec l’aval que nous venons d’obtenir de tous les clubs de Côte d’Ivoire, nous allons nous réunir et prendre la bonne décision en étant en phase avec nos autorités administratives (…). Le président du Cocan (Feh Kessé Lambert : ndlr) a bien expliqué tout ce qui a été entrepris, tous les travaux qui sont en cours et qui se poursuivent normalement. Il nous a confirmé avec force et vigueur que nous seront prêts en 2021. Là-dessus, on n’a aucun doute. Je pense que les gens ne connaissent pas bien la Côte d’Ivoire. C’est un pays de travailleurs, un pays qui a beaucoup de ressources avec des personnes très intelligentes qui savent travailler. Nous allons nous réunir et prendre la décision qu’il faut. »

 

Adolphe Angoua

Le retrait annoncé de la Coupe d’Afrique des nations (CAN 2021) à la Côte d’Ivoire était, le mercredi 12 décembre 2018, au centre des échanges entre la Fédération ivoirienne de football (FIF) et les clubs de Ligue 1, Ligue 2, D3 ainsi que les groupements d’intérêts lors de la rencontre qui a eu lieu à l’hôtel Palm Club de Cocody.

Le président de la Fédération ivoirienne de football (FIF), Augustin Sidy Diallo, a rencontré, le mercredi 12 décembre 2018, les présidents de Ligue 1 et 2 ainsi que ceux de D3 et groupements d’intérêts, à l’hôtel Palm Club de Cocody pour se pencher sur le retrait annoncé de la CAN 2021 à la Côte d’Ivoire.

Cette rencontre à laquelle a pris part le président du Comité d’organisation de la CAN 2021 (COCAN 2021), Lambert Feh Kessé, a été l’occasion pour les responsables de club de crier leur indignation, après la sortie du président de la Confédération africaine de football (CAF), Ahmad Ahmad, qui a déclaré que la compétition de 2021 initialement attribuée à la Côte d’Ivoire, reviendra désormais au Cameroun.

Dans leur écrasante majorité, les clubs n’apprécient la sortie du président de la CAF et souhaitent que le président de la FIF, Augustin Sidy Daillo, saisissent le Tribunal arbitral du sport (TAS).

Ils ont notamment dit que la Côte d’Ivoire n’a rien à voir avec l’incapacité supposée du Cameroun à organiser la compétition de 2019 et exigent que celle de 2021 reviennent à la Côte d’Ivoire comme initialement établi.

Les réactions de quelques présidents de club après la réunion avec la FIF

Sanogo Souleymane (Président de Sol FC d’Abobo) : « On ne peut pas nous retirer une CAN comme ça »

« On était venu écouter le président de la Fédération ivoirienne de football qui nous a instruits sur le dossier de la CAN 2021. Aujourd’hui, il y a beaucoup de rumeurs. Mais il faut dire que la CAN concerne d’abord les clubs que nous sommes, les supporters ivoiriens et la Fédération ivoirienne de football. Après l’exposé du président (le président de la FIF, Augustin Sidy Diallo : ndlr), les présidents de club que nous sommes, nous sommes en phase avec lui. Nous soutenons le président Sidy Diallo. Nous lui avons demandé de porter une plainte auprès de l’instance suprême. Aujourd’hui, c’est le TAS qui commande. Donc nous pensons qu’il est tout à fait normal que nous soyons solidaires de la FIF en exigeant au président (de la Fédération) de porter une plainte. On ne peut pas nous retirer une CAN comme ça, ce n’est pas possible. Parce que la CAN pour nous, c’est une aubaine pour les clubs que nous sommes. Avec toutes ces infrastructures et tout l’engouement qui seront autour de l’événement, on vient nous retirer la compétition sans qu’on nous dise concrètement pourquoi. La Côte d’Ivoire a les capacités et les moyens d’honorer le cahier de charges donné par la Confédération africaine de football. Pour nous, il n’est pas question de retirer cette CAN à la Côte d’Ivoire. Nous les clubs, nous exigeons à la Fédération ivoirienne de maintenir cette date et de porter une plainte auprès du TAS…La CAF ne peut pas ignorer la FIF et adresser un courrier à d’autres personnalités. Nous disons que c’est un peu malsain de la part de la Confédération africaine de football. Il faut respecter les textes de la CAF. Et c’est ce que nous demandons. Les textes de la CAF sont clairs. Si les textes nous donnent tort, on acceptera la décision. Mais tant que ce n’est pas le cas, en tout cas, nous exigeons que la Fédération ivoirienne de football porte plainte auprès du TAS pour que la loi soit dite. C’est tout. »

Dosso Sinani (Président de l’Entente Sportive du Bafing) : « Nous avons le temps de finir les infrastructures »

« Moi, je suis pour l’organisation de la CAN en 2021. Je tiens compte d’un certain nombre de paramètres. La capacité de notre Etat. Le budget qu’on nous a annoncé n’est pas hors de la capacité de la Côte d’Ivoire. Nous avons fait plus que ça avec le 3ème pont. 200 et quelques milliards pour finir nos stades, en 24 ou 29 mois, c’est largement possible Et nous sommes donc dans le temps. Les routes sont en train d’être faites, San Pedro, le prolongement de l’autoroute jusqu’à Bouaké. Korhogo, tout commence à rentrer dans l’ordre. Je pense que nous avons le temps de finir les infrastructures. Et donc il faut qu’on se batte pour garder la CAN 2021 et non celle de 2023 qui est hypothétique. »

Dia Mamadou (Président de LYS de Sassandra et membre du comité exécutif de la FIF) : « Dire que nous ne serons pas prêts pour cette CAN, c’est faire injure à la Côte d’Ivoire »

« Le pays du président Houphouët Boigny est un pays de travailleurs, de personnes de paroles. Nous avons des autorités qui travaillent, qui savent relever les défis. Et dire que nous ne serons pas prêts pour cette CAN, je pense que c’est faire injure à la Côte d’Ivoire. La manière n’a pas été bonne parce qu’en la matière, il y a une méthode. Il faut appliquer les textes. Et ce que nous constatons, c’est que les textes n’ont pas été appliqués. Ce n’est pas juste. On apprend beaucoup de choses dans les médias. Et derrière, officiellement sur la manière de faire, les choses ne sont pas appliquées. Ça, ce n’est pas bon. Nous sommes un pays de dialogue. On va utiliser le dialogue, mais en même temps, on va appliquer les textes. Il ne faut pas laisser les choses telles qu’elles sont. Le président (le président Augustin Sidy Diallo : ndlr) a voulu venir écouter les clubs. Je pense qu’il y a une unanimité sur la décision à prendre. Nous ne pouvons pas accepter qu’on nous retire notre CAN. On la veut, nous sommes capables. C’est la Côte d’Ivoire, nous sommes capables de l’organiser et nous serons prêts pour l’organiser. Et donc il va falloir décider quelque chose avec le dialogue, mais il faut appliquer les textes (…). Nous (FIF : ndlr) n’avons pas reçu de courrier de la part de la CAF. Nous avons appris l’information dans les médias, de la même manière que la population. Jamais, nous n’avons été contactés par la CAF pour nous informer officiellement de ce changement. On ne va pas s’asseoir et attendre parce que les choses vont vite. Je pense qu’avec l’aval que nous venons d’obtenir de tous les clubs de Côte d’Ivoire, nous allons nous réunir et prendre la bonne décision en étant en phase avec nos autorités administratives (…). Le président du Cocan (Feh Kessé Lambert : ndlr) a bien expliqué tout ce qui a été entrepris, tous les travaux qui sont en cours et qui se poursuivent normalement. Il nous a confirmé avec force et vigueur que nous seront prêts en 2021. Là-dessus, on n’a aucun doute. Je pense que les gens ne connaissent pas bien la Côte d’Ivoire. C’est un pays de travailleurs, un pays qui a beaucoup de ressources avec des personnes très intelligentes qui savent travailler. Nous allons nous réunir et prendre la décision qu’il faut. »

 

Adolphe Angoua