Municipales et régionales du samedi 13 octobre 2018 : Les élections de tous les dangers

Municipales et régionales du samedi 13 octobre 2018 : Les élections de tous les dangers

1 octobre 20186min842
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Ce sont des élections sur fond de crise persistante entre le Pdci-Rda et son ex-allié, le Rhdp unifié auxquelles les Ivoiriens sont invités, le samedi 13 octobre 2018. Le Médiateur de la République, Adama Toungara, a beau appelé les acteurs politiques à une « campagne électorale apaisée », il reste qu’une véritable chape de plomb pèse sur ces scrutins.

Ces scrutins couplés qui se tiennent pour la première fois après la rupture entre les alliés, présentent un triple enjeu. Ceux-ci, parfaitement simultanés, opposeront, à distance, l’ancien chef de l’État, Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara. Ils seront aussi l’occasion pour le Pdci-Rda et le Rhdp de jauger leur poids, à deux ans des élections présidentielles de 2020. L’autre enjeu et non des moindres, c’est que ces élections présentent, au plan politique, des risques possibles pour Alassane Ouattara, qui a annoncé, d’ores et déjà, un remaniement de l’équipe gouvernementale.

Il y a aussi cette donne liée au soutien apporté à des candidats du Pdci par les deux tendances du Front populaire ivoirien (Fpi). Les indépendants composés, en grande partie, de cadres des deux grands partis pourront jouer les trouble-fêtes.   Quelque 4 566 706 électeurs sont attendus aux urnes pour ces élections sécurisées par 30 000 soldats (policiers, gendarmes et militaires) déployés sur l’ensemble du territoire. Mais, ces élections sont d’autant plus risquées que le gouvernement, en Conseil des ministres du mercredi 26 septembre 2018, a identifié des localités potentiellement explosives, présentées comme «  des zones à risque » et a mis en mission le Programme national de cohésion sociale ( Pncs) pour prévenir, selon le ministre Sidi Touré, «  les violences pré et post-électorales ». Il s’agit, notamment, des localités de Daloa, Gagnoa, Yopougon, Abobo, Koumassi, Adjamé, Plateau, Anyama, Yamoussoukro, Azaguié, Agboville, Adzopé, Bouna, Divo, M’Bahiakro, Toumodi, Kouassi-Kouassikro, Ferkessédougou, Korhogo, Daoukro, Bondoukou, Oumé, Bouaflé, Abengourou, Bouaké, Katiola, Boundiali, Odienné et Man. Ces zones «  rouges » inquiètent, au plus haut point, le gouvernement, dans la mesure où elles ont été les théâtres de sanglants affrontements intercommunautaires ces derniers temps. Or, dans ces zones, des caciques des deux camps sont en lice dans un contexte de crise ouverte.

La question sécuritaire était d’ailleurs au centre d’une rencontre entre le ministre de l’Intérieur et de la sécurité, Sidiki Diakité et le corps préfectoral à Yamoussoukro, le 24 septembre 2018. L’ordonnance d’invalidation des résolutions du Bureau politique du Pdci du 17 juin 2018 par un juge des référés et l’incompétence brandie par un autre juge, pour ne pas faire droit au Pdci quant à l’utilisation de son logo, ont accru, ces derniers temps, les tensions entre le Pdci et le Rhdp unifié. La justice ivoirienne « refuse de se prononcer sur la demande du Pdci (Parti démocratique de Côte d’Ivoire) d’interdire l’usage de son logo par le Rhdp (Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix), la coalition au pouvoir, dans le cadre des élections locales », s’est insurgé Me Émile Suy Bi, l’un des avocats du parti, dénonçant « un déni de justice, c’est-à-dire que la justice ivoirienne refuse de se prononcer sur la demande du Pdci d’interdire l’usage de son logo.

Le Conseil du Pdci a d’abord écrit au président de la Cei (Commission électorale indépendante), qui n’a pas fait droit à notre demande qui était d’empêcher l’utilisation de notre logo par des candidats autres que ceux du Pdci. A la suite de cette requête, le Pdci a saisi la Chambre administrative de la Cour suprême qui est le juge des élections en matière d’élections municipales et régionales, pour lui dire que les dossiers de candidature du Rhdp étaient irrégulièrement constitués, mais la juridiction s’est dite incompétente ».

«Nous sommes vraiment choqués par l’utilisation du logo du Pdci par le Rhdp (…) », a déclaré Me Émile Suy Bi. Au Pdci, cette affaire d’utilisation de logo par les candidats Rhdp unifié enflamme les esprits et pourrait conduire à des querelles et au désordre lors de ces élections.

 

Armand B. DEPEYLA

Ce sont des élections sur fond de crise persistante entre le Pdci-Rda et son ex-allié, le Rhdp unifié auxquelles les Ivoiriens sont invités, le samedi 13 octobre 2018. Le Médiateur de la République, Adama Toungara, a beau appelé les acteurs politiques à une « campagne électorale apaisée », il reste qu’une véritable chape de plomb pèse sur ces scrutins.

Ces scrutins couplés qui se tiennent pour la première fois après la rupture entre les alliés, présentent un triple enjeu. Ceux-ci, parfaitement simultanés, opposeront, à distance, l’ancien chef de l’État, Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara. Ils seront aussi l’occasion pour le Pdci-Rda et le Rhdp de jauger leur poids, à deux ans des élections présidentielles de 2020. L’autre enjeu et non des moindres, c’est que ces élections présentent, au plan politique, des risques possibles pour Alassane Ouattara, qui a annoncé, d’ores et déjà, un remaniement de l’équipe gouvernementale.

Il y a aussi cette donne liée au soutien apporté à des candidats du Pdci par les deux tendances du Front populaire ivoirien (Fpi). Les indépendants composés, en grande partie, de cadres des deux grands partis pourront jouer les trouble-fêtes.   Quelque 4 566 706 électeurs sont attendus aux urnes pour ces élections sécurisées par 30 000 soldats (policiers, gendarmes et militaires) déployés sur l’ensemble du territoire. Mais, ces élections sont d’autant plus risquées que le gouvernement, en Conseil des ministres du mercredi 26 septembre 2018, a identifié des localités potentiellement explosives, présentées comme «  des zones à risque » et a mis en mission le Programme national de cohésion sociale ( Pncs) pour prévenir, selon le ministre Sidi Touré, «  les violences pré et post-électorales ». Il s’agit, notamment, des localités de Daloa, Gagnoa, Yopougon, Abobo, Koumassi, Adjamé, Plateau, Anyama, Yamoussoukro, Azaguié, Agboville, Adzopé, Bouna, Divo, M’Bahiakro, Toumodi, Kouassi-Kouassikro, Ferkessédougou, Korhogo, Daoukro, Bondoukou, Oumé, Bouaflé, Abengourou, Bouaké, Katiola, Boundiali, Odienné et Man. Ces zones «  rouges » inquiètent, au plus haut point, le gouvernement, dans la mesure où elles ont été les théâtres de sanglants affrontements intercommunautaires ces derniers temps. Or, dans ces zones, des caciques des deux camps sont en lice dans un contexte de crise ouverte.

La question sécuritaire était d’ailleurs au centre d’une rencontre entre le ministre de l’Intérieur et de la sécurité, Sidiki Diakité et le corps préfectoral à Yamoussoukro, le 24 septembre 2018. L’ordonnance d’invalidation des résolutions du Bureau politique du Pdci du 17 juin 2018 par un juge des référés et l’incompétence brandie par un autre juge, pour ne pas faire droit au Pdci quant à l’utilisation de son logo, ont accru, ces derniers temps, les tensions entre le Pdci et le Rhdp unifié. La justice ivoirienne « refuse de se prononcer sur la demande du Pdci (Parti démocratique de Côte d’Ivoire) d’interdire l’usage de son logo par le Rhdp (Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix), la coalition au pouvoir, dans le cadre des élections locales », s’est insurgé Me Émile Suy Bi, l’un des avocats du parti, dénonçant « un déni de justice, c’est-à-dire que la justice ivoirienne refuse de se prononcer sur la demande du Pdci d’interdire l’usage de son logo.

Le Conseil du Pdci a d’abord écrit au président de la Cei (Commission électorale indépendante), qui n’a pas fait droit à notre demande qui était d’empêcher l’utilisation de notre logo par des candidats autres que ceux du Pdci. A la suite de cette requête, le Pdci a saisi la Chambre administrative de la Cour suprême qui est le juge des élections en matière d’élections municipales et régionales, pour lui dire que les dossiers de candidature du Rhdp étaient irrégulièrement constitués, mais la juridiction s’est dite incompétente ».

«Nous sommes vraiment choqués par l’utilisation du logo du Pdci par le Rhdp (…) », a déclaré Me Émile Suy Bi. Au Pdci, cette affaire d’utilisation de logo par les candidats Rhdp unifié enflamme les esprits et pourrait conduire à des querelles et au désordre lors de ces élections.

 

Armand B. DEPEYLA