Municipales 2018/ Fabrice Sawegnon (Candidat) : «Le Plateau, c’est chez moi»

Municipales 2018/ Fabrice Sawegnon (Candidat) : «Le Plateau, c’est chez moi»

18 septembre 201819min622
18 septembre 201819min622
15576cd41f660c0e28960189d353533e_L.jpg

Le célèbre publicitaire, candidat à l’élection municipale au Plateau, était l’invité des rédactions du groupe Olympe (Soir Info, L’inter et L’infodrome), le vendredi 14 septembre 2018. Dans notre studio, Fabrice Sawegnon s’est prêté au jeu de questions-réponses avec un duo de journalistes. Le patron du groupe Voodoo explique sa « relation fusionnelle » avec le Plateau et donne un aperçu de son projet pour la cité des affaires.

Chef d’entreprise, conseiller de chefs d’État, citoyen actif, aujourd’hui candidat à des élections municipales. Que devons-nous retenir de Fabrice Sawegnon ? 

Je suis d’abord un père de famille heureux. Pour moi, la famille c’est le socle. Je suis avec mon épouse Laurence depuis une vingtaine d’années et je suis père de 4 enfants, deux filles et deux garçons. Je suis aussi un chef d’entreprise épanoui. Vous connaissez l’entreprise que je dirige, le groupe Voodoo aura 20 ans l’année prochaine. Un groupe qui a commencé avec 5 collaborateurs et qui aujourd’hui en compte plus de 350 dans 6 pays de la sous-région (Côte d’Ivoire, Cameroun, Sénégal, Burkina Faso, Libéria, Congo). Je suis quelqu’un de positif et de passionné, qui croit en la vie et en des valeurs fortes telles : la solidarité, la fraternité et l’amour.

Vous avez toujours dit, dans vos apparitions publiques, que vous serez candidat indépendant. Quelques semaines avant ces élections municipales, vous êtes choisi comme le candidat du RHDP. Que s’est-il passé ? 

Je n’étais membre d’aucun parti politique. Comme vous le savez, j’ai travaillé pour beaucoup d’hommes d’Etat en Côte d’Ivoire et dans plusieurs autres pays africains. Avec toute l’expérience accumulée, j’estime aujourd’hui qu’il est important de me mettre au service de la société, des plus jeunes, des moins jeunes, des femmes pour apporter des idées novatrices, mes compétences et mon énergie. Nous nous sommes mis en route depuis 4 ans et le fantastique travail que nous avons réalisé sur le terrain a été apprécié. Il est donc naturel que nous acceptions de représenter au Plateau le RHDP dont je partage les idéaux.

Avez-vous fait acte de candidature au niveau du RHDP ?

Sortons des petites polémiques. Je suis le candidat du RHDP parce que je suis un produit de la politique d’ouverture et d’excellence du président Félix Houphouët Boigny. Je suis en phase avec les idéaux portés par ce grand homme. Le RHDP est le creuset de ses idées et des valeurs fortes qu’il prône, la paix et le travail. Je suis le candidat du RHDP parce qu’à contrario des autres partis politiques qui ont un fort ancrage ethno-régional, le RHDP est un rassemblement beaucoup plus grand que la simple ethnie ou la simple région. Le RHDP est un parti national. Cette vision mérite d’être accompagnée, et je suis fier de la porter. J’ai aussi accepté cette vision pour le Président de la République, Alassane Ouattara. J’ai la chance et le privilège de travailler à ses côtés depuis 10 ans et je veux défendre ses grandes idées et accompagner sa farouche volonté de transformer notre pays. Je suis heureux que le Président de la République ait remarqué mon attachement à la commune du Plateau et ma volonté de la transformer positivement. J’ai une seule envie : offrir aux habitants et aux travailleurs du plateau un nouveau destin. J’ai promis au RHDP la victoire et je me bats chaque jour sur le terrain pour cela.

Qu’est-ce qui, selon vous, justifie que vous ayez été choisi au détriment de Ouattara Dramane, qui est un militant du RDR, donc à priori, favori pour être la tête de liste du RHDP ?

Vous parlez d’un candidat du RDR. Alors qu’il s’agit d’un rassemblement plus grand qui est le RHDP. Les textes du RHDP prévoient que puisse y adhérer, tout groupement politique, toute association, ou toute personne physique.

Ouattara Dramane a, certes, accepté, dans un communiqué, de ne plus se présenter aux municipales. Mais, il n’a pas donné de mot d’ordre. Est-ce qu’il n’y a pas, quelque part, un malaise ? 

Ouattara Dramane est un grand frère, je le connais depuis de nombreuses années. Je l’ai invité à déjeuner il y a 3 ans pour lui proposer que nous nous mettions ensemble pour défendre un projet commun au Plateau. J’ai fait la démarche de rassemblement. Sur les 3 dernières années, nous nous sommes retrouvés à maintes reprises pour essayer d’arriver à une liste commune. Nous n’avons pas pu aboutir à un accord mais j’ai foi que Dramane et moi-même nous nous retrouverons.

Vous aurez à affronter finalement le député Jacques Ehouo qui est le candidat du PDCI-RDA. Est-ce qu’on ne peut pas le considérer comme un candidat par défaut ? 

Je ne suis en mesure de juger personne. Il ne s’agit pas de dire qui est le bon candidat. Tout le monde disait, il y a 4 ans lorsque j’ai commencé au Plateau « Fabrice tu veux affronter plus gros que toi, tu veux défier une personnalité aussi importante dans son parti politique », A cela j’ai répondu que c’est parce que David a vaincu Goliath qu’on enseigne son histoire à nos enfants. Je me suis apprêté à affronter Goliath, je n’ai plus Goliath mais j’ai le « bon petit » de Goliath… peu importe, je respecte mon adversaire.

Jacques Ehouo a gagné les législatives de décembre 2016 sous la bannière indépendante alors que le RHDP avait un candidat. N’avez-vous pas peur de perdre face à lui ?

Je suis un compétiteur, ma vie et mon histoire professionnelle le prouvent. Je connais très bien l’électorat du Plateau et j’y ai une légitimité beaucoup plus grande que lui.

Vous dites d’un député, donc d’un élu, qu’il n’a pas la légitimité. N’est-ce pas un peu gros ? 

Je ne dis pas qu’il n’est pas élu, la légitimité part d’abord de l’équation personnelle. Je ne juge pas un mandat de député, mon propos porte exclusivement sur la mairie du Plateau et sur certaines pratiques qui y étaient courantes.  Avec l’avènement de l’actuelle municipalité, nous avons été tous stupéfaits de découvrir qu’une société a été créée en 2002 et qu’un «tonton» a donné la possibilité à son « neveu » biochimiste et ingénieur agroalimentaire, de recouvrer les recettes de l’occupation du domaine public (ODP), les recettes publicitaires et les taxes municipales de la commune du Plateau.

Voulez-vous parler du maire Bendjo et du député Ehouo ?

Je parle du « tonton » et de son « neveu ». Il a été donné au « neveu » un contrat douteux parce qu’il n’y a pas meilleur recouvreur que l’Etat lui-même. La mairie a confié à une société privée la capacité de recouvrer les taxes et divers impôts locaux et on découvre aujourd’hui grâce au maire intérimaire issu du PDCI, Jacques Yapi, des différences hallucinantes entre les montants perçus et les montants déclarés. Lors du conseil municipal de la semaine dernière, le maire PDCI, Jacques Yapi déclare avoir perçu 40 millions de F Cfa de taxes municipales en 15 jours, là où la société recouvreuse du neveu déclarait 35 millions de F Cfa en une année, soit une croissance de 3000%. Le maire actuel a donc fait arrêter dans la foulée tous les contrats. Quand je parle de légitimité, c’est de cela qu’il s’agit ! Le moment est venu de porter d’autres valeurs. La légitimité, c’est être honnête, travailleur et transparent. On ne s’amuse pas avec l’argent public. Ce qui vous rend légitime ou pas, c’est votre droiture morale.

Avez-vous les preuves de ce que vous avancez ?

Ce que je dis relève de faits. Je tiens cela du conseil municipal du Plateau d’il y a une semaine, je n’ai rien inventé.

Quelle est votre relation avec les résidents du Plateau ? 

C’est une relation d’amour parce que j’y ai grandi. Le Plateau, c’est chez moi. J’y ai des amis, de la famille. C’est une relation fusionnelle. C’est ce qui me met en confiance pour les joutes électorales à venir.

Depuis trois ans, vous êtes particulièrement actif sur le terrain. Quelles actions avez-vous menées au profit des populations ? 

Mon équipe et moi menons deux types d’actions. L’une est dirigée vers différentes catégories de populations : les jeunes, les femmes et les seniors. L’autre prend en compte certaines thématiques telles la santé, l’éducation, l’environnement, … Nous avons créé trois types d’initiatives : IJP (Initiative Jeune Plateau) ; IFP (Initiative Femme Plateau) et ISP (Initiative Senior Plateau). Ces initiatives sont dotées de budgets annuels avec du matériel roulant pour plus d’efficacité. Pour les jeunes, ces initiatives favorisent le financement de projets, la formation ou l’insertion dans le milieu professionnel. Pour les femmes, elles facilitent l’autonomisation financière et apportent un début de solution aux problèmes liés à la famille. Pour les seniors, nous nous concentrons sur la santé et l’occupation du temps de vie. Concernant les thématiques spécifiques, nos actions sont multiples et je suis fier de dire qu’avec mon équipe nous avons un bilan plus imposant que celui de la mairie même sur les 3 dernières années. A titres de comparaison et sans prétention aucune, alors qu’en 3 ans nous offrions 2 ambulances à 2 centres de santé de la commune, la mairie n’avait fourni qu’une ambulance. Nous avons ravalé les façades de trois quartiers. La mairie a ravalé les façades de deux quartiers. Nous avons financé plus de 100 jeunes et plus de 100 femmes. La mairie n’a pas fait autant. Nous avons offert 100 permis de conduire et avons construit un terrain multisports au quartier « 40 logements ». La mairie n’a jamais réalisé la moindre infrastructure sportive. Tout ce que nous souhaitons aujourd’hui c’est d’être jugé sur des faits.

Qu’avez-vous en projet pour le Plateau ? 

Je souhaite que celui ou celle qui regarde le Plateau, en tant que commune, voit « deux » Plateau. En partant du pont Félix Houphouet-Boigny, on devrait avoir en visuel : « deux » Plateau avec la Cathédrale comme ligne de démarcation. Nous avons le Plateau de gauche ; le Plateau de droite. Le Plateau de gauche à majorité résidentiel est à réinventer. C’est un endroit où pauvreté, salubrité, alcool sévissent. Dans ce Plateau, on trouve des familles délaissées, sans soutien. Nous, enfant de cheminot, sommes issus de ce Plateau. Il faut le récréer, le resocialiser lui donner une nouvelle vie. Le Plateau de droite appartient à tous, du quadruple point de vue administratif, économique, commercial et culturel. Chacun d’entre nous a, à en souvenir, cette belle époque. Celle du Plateau commerçant avec ses belles boutiques de luxe, son marché et ses hypermarchés…Le Plateau culturel avec ses collèges d’excellence, ses bibliothèques, son musée, ses salles de cinéma, sa vie la nuit. Le Plateau économique avec tous les sièges des grandes entreprises. Le Plateau administratif avec le Palais de la Présidence de la République, les institutions, et tous les ministères. Mon ambition est de redonner au Plateau sa place de choix. Je rêve de voir le Plateau devenir, bien au-delà du downtown d’Abidjan et de la Côte d’Ivoire, celui de toute l’Afrique. Je souhaite redonner au Plateau tous les atouts d’un vrai centre-ville moderne et attractif, ce Plateau d’aujourd’hui, nous allons le transformer.

Et vous comptez transformer le Plateau en cinq ans ?

Nous avons un projet en trois étapes. La première étape s’étend sur six mois. Cette première étape permettra de résoudre des problèmes immédiats, déjà identifiés. La deuxième étape, sur deux ans, prendra en compte de nombreux domaines notamment l’éducation. A ce niveau, je me permettrai une digression. On a pu lire et entendre qu’untel a été désigné meilleur maire. J’invite tous ceux qui le souhaitent, à se rendre au Plateau où se trouvent quatre écoles primaires publiques. Toutes les quatre écoles présentent des ouvertures dans les toits, sans parler des caniveaux béants et des serpents. Qui a envie de laisser ses enfants dans cet environnement, personne ! La troisième étape de notre projet révolutionnera l’école, sur les infrastructures et sur le contenu éducatif. Nous allons imposer une culture de centre éducatif d’excellence.

Mettez-vous en doute les prix d’excellence obtenus par le maire révoqué du Plateau, Noël Akossi Bendjo ? 

C’est moins un doute sur un quelconque prix qu’un constat. Ce constat peut être fait par chacun d’entre nous. Le meilleur ne se décrète pas. Il se trouve dans l’opérationnel. La réalité qui nous est décrite, dans certains médias, ne correspond pas à celle sur le terrain. Nous parlons de choses concrètes, vérifiables. Une personne peut abuser du maquillage et transformer considérablement son apparence. Le maquillage est tombé. Nous vous invitons à visiter les écoles publiques, les centres de santé du Plateau. C’est inacceptable ! Et les populations peuvent compter sur nous pour changer cela.

Avez-vous une solution au problème de stationnement dans le Plateau ? 

Nous avons une grande solution que nous ne dévoilerons pas maintenant. Il y a deux ans, nous avons sorti quelques éléments de notre programme. Comme par enchantement, d’autres candidats ont, par la suite, repris nos idées. La campagne s’ouvre le 28 septembre. Nous aurons un document programme. Il sera public.

Et s’il vous arrivait de perdre cette élection ?

Nous allons gagner parce que nous avons une excellente relation avec les habitants du Plateau et un programme imbattable. Nous allons gagner parce que nous avons une équipe déterminée, engagée, avec une organisation pointue sur le terrain.

 

Réalisée par SYLLA Arouna et Kisselminan COULIBALY (Collaboration linfodrome.ci)

Le célèbre publicitaire, candidat à l’élection municipale au Plateau, était l’invité des rédactions du groupe Olympe (Soir Info, L’inter et L’infodrome), le vendredi 14 septembre 2018. Dans notre studio, Fabrice Sawegnon s’est prêté au jeu de questions-réponses avec un duo de journalistes. Le patron du groupe Voodoo explique sa « relation fusionnelle » avec le Plateau et donne un aperçu de son projet pour la cité des affaires.

Chef d’entreprise, conseiller de chefs d’État, citoyen actif, aujourd’hui candidat à des élections municipales. Que devons-nous retenir de Fabrice Sawegnon ? 

Je suis d’abord un père de famille heureux. Pour moi, la famille c’est le socle. Je suis avec mon épouse Laurence depuis une vingtaine d’années et je suis père de 4 enfants, deux filles et deux garçons. Je suis aussi un chef d’entreprise épanoui. Vous connaissez l’entreprise que je dirige, le groupe Voodoo aura 20 ans l’année prochaine. Un groupe qui a commencé avec 5 collaborateurs et qui aujourd’hui en compte plus de 350 dans 6 pays de la sous-région (Côte d’Ivoire, Cameroun, Sénégal, Burkina Faso, Libéria, Congo). Je suis quelqu’un de positif et de passionné, qui croit en la vie et en des valeurs fortes telles : la solidarité, la fraternité et l’amour.

Vous avez toujours dit, dans vos apparitions publiques, que vous serez candidat indépendant. Quelques semaines avant ces élections municipales, vous êtes choisi comme le candidat du RHDP. Que s’est-il passé ? 

Je n’étais membre d’aucun parti politique. Comme vous le savez, j’ai travaillé pour beaucoup d’hommes d’Etat en Côte d’Ivoire et dans plusieurs autres pays africains. Avec toute l’expérience accumulée, j’estime aujourd’hui qu’il est important de me mettre au service de la société, des plus jeunes, des moins jeunes, des femmes pour apporter des idées novatrices, mes compétences et mon énergie. Nous nous sommes mis en route depuis 4 ans et le fantastique travail que nous avons réalisé sur le terrain a été apprécié. Il est donc naturel que nous acceptions de représenter au Plateau le RHDP dont je partage les idéaux.

Avez-vous fait acte de candidature au niveau du RHDP ?

Sortons des petites polémiques. Je suis le candidat du RHDP parce que je suis un produit de la politique d’ouverture et d’excellence du président Félix Houphouët Boigny. Je suis en phase avec les idéaux portés par ce grand homme. Le RHDP est le creuset de ses idées et des valeurs fortes qu’il prône, la paix et le travail. Je suis le candidat du RHDP parce qu’à contrario des autres partis politiques qui ont un fort ancrage ethno-régional, le RHDP est un rassemblement beaucoup plus grand que la simple ethnie ou la simple région. Le RHDP est un parti national. Cette vision mérite d’être accompagnée, et je suis fier de la porter. J’ai aussi accepté cette vision pour le Président de la République, Alassane Ouattara. J’ai la chance et le privilège de travailler à ses côtés depuis 10 ans et je veux défendre ses grandes idées et accompagner sa farouche volonté de transformer notre pays. Je suis heureux que le Président de la République ait remarqué mon attachement à la commune du Plateau et ma volonté de la transformer positivement. J’ai une seule envie : offrir aux habitants et aux travailleurs du plateau un nouveau destin. J’ai promis au RHDP la victoire et je me bats chaque jour sur le terrain pour cela.

Qu’est-ce qui, selon vous, justifie que vous ayez été choisi au détriment de Ouattara Dramane, qui est un militant du RDR, donc à priori, favori pour être la tête de liste du RHDP ?

Vous parlez d’un candidat du RDR. Alors qu’il s’agit d’un rassemblement plus grand qui est le RHDP. Les textes du RHDP prévoient que puisse y adhérer, tout groupement politique, toute association, ou toute personne physique.

Ouattara Dramane a, certes, accepté, dans un communiqué, de ne plus se présenter aux municipales. Mais, il n’a pas donné de mot d’ordre. Est-ce qu’il n’y a pas, quelque part, un malaise ? 

Ouattara Dramane est un grand frère, je le connais depuis de nombreuses années. Je l’ai invité à déjeuner il y a 3 ans pour lui proposer que nous nous mettions ensemble pour défendre un projet commun au Plateau. J’ai fait la démarche de rassemblement. Sur les 3 dernières années, nous nous sommes retrouvés à maintes reprises pour essayer d’arriver à une liste commune. Nous n’avons pas pu aboutir à un accord mais j’ai foi que Dramane et moi-même nous nous retrouverons.

Vous aurez à affronter finalement le député Jacques Ehouo qui est le candidat du PDCI-RDA. Est-ce qu’on ne peut pas le considérer comme un candidat par défaut ? 

Je ne suis en mesure de juger personne. Il ne s’agit pas de dire qui est le bon candidat. Tout le monde disait, il y a 4 ans lorsque j’ai commencé au Plateau « Fabrice tu veux affronter plus gros que toi, tu veux défier une personnalité aussi importante dans son parti politique », A cela j’ai répondu que c’est parce que David a vaincu Goliath qu’on enseigne son histoire à nos enfants. Je me suis apprêté à affronter Goliath, je n’ai plus Goliath mais j’ai le « bon petit » de Goliath… peu importe, je respecte mon adversaire.

Jacques Ehouo a gagné les législatives de décembre 2016 sous la bannière indépendante alors que le RHDP avait un candidat. N’avez-vous pas peur de perdre face à lui ?

Je suis un compétiteur, ma vie et mon histoire professionnelle le prouvent. Je connais très bien l’électorat du Plateau et j’y ai une légitimité beaucoup plus grande que lui.

Vous dites d’un député, donc d’un élu, qu’il n’a pas la légitimité. N’est-ce pas un peu gros ? 

Je ne dis pas qu’il n’est pas élu, la légitimité part d’abord de l’équation personnelle. Je ne juge pas un mandat de député, mon propos porte exclusivement sur la mairie du Plateau et sur certaines pratiques qui y étaient courantes.  Avec l’avènement de l’actuelle municipalité, nous avons été tous stupéfaits de découvrir qu’une société a été créée en 2002 et qu’un «tonton» a donné la possibilité à son « neveu » biochimiste et ingénieur agroalimentaire, de recouvrer les recettes de l’occupation du domaine public (ODP), les recettes publicitaires et les taxes municipales de la commune du Plateau.

Voulez-vous parler du maire Bendjo et du député Ehouo ?

Je parle du « tonton » et de son « neveu ». Il a été donné au « neveu » un contrat douteux parce qu’il n’y a pas meilleur recouvreur que l’Etat lui-même. La mairie a confié à une société privée la capacité de recouvrer les taxes et divers impôts locaux et on découvre aujourd’hui grâce au maire intérimaire issu du PDCI, Jacques Yapi, des différences hallucinantes entre les montants perçus et les montants déclarés. Lors du conseil municipal de la semaine dernière, le maire PDCI, Jacques Yapi déclare avoir perçu 40 millions de F Cfa de taxes municipales en 15 jours, là où la société recouvreuse du neveu déclarait 35 millions de F Cfa en une année, soit une croissance de 3000%. Le maire actuel a donc fait arrêter dans la foulée tous les contrats. Quand je parle de légitimité, c’est de cela qu’il s’agit ! Le moment est venu de porter d’autres valeurs. La légitimité, c’est être honnête, travailleur et transparent. On ne s’amuse pas avec l’argent public. Ce qui vous rend légitime ou pas, c’est votre droiture morale.

Avez-vous les preuves de ce que vous avancez ?

Ce que je dis relève de faits. Je tiens cela du conseil municipal du Plateau d’il y a une semaine, je n’ai rien inventé.

Quelle est votre relation avec les résidents du Plateau ? 

C’est une relation d’amour parce que j’y ai grandi. Le Plateau, c’est chez moi. J’y ai des amis, de la famille. C’est une relation fusionnelle. C’est ce qui me met en confiance pour les joutes électorales à venir.

Depuis trois ans, vous êtes particulièrement actif sur le terrain. Quelles actions avez-vous menées au profit des populations ? 

Mon équipe et moi menons deux types d’actions. L’une est dirigée vers différentes catégories de populations : les jeunes, les femmes et les seniors. L’autre prend en compte certaines thématiques telles la santé, l’éducation, l’environnement, … Nous avons créé trois types d’initiatives : IJP (Initiative Jeune Plateau) ; IFP (Initiative Femme Plateau) et ISP (Initiative Senior Plateau). Ces initiatives sont dotées de budgets annuels avec du matériel roulant pour plus d’efficacité. Pour les jeunes, ces initiatives favorisent le financement de projets, la formation ou l’insertion dans le milieu professionnel. Pour les femmes, elles facilitent l’autonomisation financière et apportent un début de solution aux problèmes liés à la famille. Pour les seniors, nous nous concentrons sur la santé et l’occupation du temps de vie. Concernant les thématiques spécifiques, nos actions sont multiples et je suis fier de dire qu’avec mon équipe nous avons un bilan plus imposant que celui de la mairie même sur les 3 dernières années. A titres de comparaison et sans prétention aucune, alors qu’en 3 ans nous offrions 2 ambulances à 2 centres de santé de la commune, la mairie n’avait fourni qu’une ambulance. Nous avons ravalé les façades de trois quartiers. La mairie a ravalé les façades de deux quartiers. Nous avons financé plus de 100 jeunes et plus de 100 femmes. La mairie n’a pas fait autant. Nous avons offert 100 permis de conduire et avons construit un terrain multisports au quartier « 40 logements ». La mairie n’a jamais réalisé la moindre infrastructure sportive. Tout ce que nous souhaitons aujourd’hui c’est d’être jugé sur des faits.

Qu’avez-vous en projet pour le Plateau ? 

Je souhaite que celui ou celle qui regarde le Plateau, en tant que commune, voit « deux » Plateau. En partant du pont Félix Houphouet-Boigny, on devrait avoir en visuel : « deux » Plateau avec la Cathédrale comme ligne de démarcation. Nous avons le Plateau de gauche ; le Plateau de droite. Le Plateau de gauche à majorité résidentiel est à réinventer. C’est un endroit où pauvreté, salubrité, alcool sévissent. Dans ce Plateau, on trouve des familles délaissées, sans soutien. Nous, enfant de cheminot, sommes issus de ce Plateau. Il faut le récréer, le resocialiser lui donner une nouvelle vie. Le Plateau de droite appartient à tous, du quadruple point de vue administratif, économique, commercial et culturel. Chacun d’entre nous a, à en souvenir, cette belle époque. Celle du Plateau commerçant avec ses belles boutiques de luxe, son marché et ses hypermarchés…Le Plateau culturel avec ses collèges d’excellence, ses bibliothèques, son musée, ses salles de cinéma, sa vie la nuit. Le Plateau économique avec tous les sièges des grandes entreprises. Le Plateau administratif avec le Palais de la Présidence de la République, les institutions, et tous les ministères. Mon ambition est de redonner au Plateau sa place de choix. Je rêve de voir le Plateau devenir, bien au-delà du downtown d’Abidjan et de la Côte d’Ivoire, celui de toute l’Afrique. Je souhaite redonner au Plateau tous les atouts d’un vrai centre-ville moderne et attractif, ce Plateau d’aujourd’hui, nous allons le transformer.

Et vous comptez transformer le Plateau en cinq ans ?

Nous avons un projet en trois étapes. La première étape s’étend sur six mois. Cette première étape permettra de résoudre des problèmes immédiats, déjà identifiés. La deuxième étape, sur deux ans, prendra en compte de nombreux domaines notamment l’éducation. A ce niveau, je me permettrai une digression. On a pu lire et entendre qu’untel a été désigné meilleur maire. J’invite tous ceux qui le souhaitent, à se rendre au Plateau où se trouvent quatre écoles primaires publiques. Toutes les quatre écoles présentent des ouvertures dans les toits, sans parler des caniveaux béants et des serpents. Qui a envie de laisser ses enfants dans cet environnement, personne ! La troisième étape de notre projet révolutionnera l’école, sur les infrastructures et sur le contenu éducatif. Nous allons imposer une culture de centre éducatif d’excellence.

Mettez-vous en doute les prix d’excellence obtenus par le maire révoqué du Plateau, Noël Akossi Bendjo ? 

C’est moins un doute sur un quelconque prix qu’un constat. Ce constat peut être fait par chacun d’entre nous. Le meilleur ne se décrète pas. Il se trouve dans l’opérationnel. La réalité qui nous est décrite, dans certains médias, ne correspond pas à celle sur le terrain. Nous parlons de choses concrètes, vérifiables. Une personne peut abuser du maquillage et transformer considérablement son apparence. Le maquillage est tombé. Nous vous invitons à visiter les écoles publiques, les centres de santé du Plateau. C’est inacceptable ! Et les populations peuvent compter sur nous pour changer cela.

Avez-vous une solution au problème de stationnement dans le Plateau ? 

Nous avons une grande solution que nous ne dévoilerons pas maintenant. Il y a deux ans, nous avons sorti quelques éléments de notre programme. Comme par enchantement, d’autres candidats ont, par la suite, repris nos idées. La campagne s’ouvre le 28 septembre. Nous aurons un document programme. Il sera public.

Et s’il vous arrivait de perdre cette élection ?

Nous allons gagner parce que nous avons une excellente relation avec les habitants du Plateau et un programme imbattable. Nous allons gagner parce que nous avons une équipe déterminée, engagée, avec une organisation pointue sur le terrain.

 

Réalisée par SYLLA Arouna et Kisselminan COULIBALY (Collaboration linfodrome.ci)