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electionsci201645 juillet 20186min170

Le cas de Jean-Pierre Bemba est une nouvelle fois devant la Cour pénale internationale. Une audience dans l’affaire de subornation de témoins se tient à La Haye, ce mercredi 4 juillet. L’ancien vice-président congolais a été condamné de manière définitive dans ce dossier et attend d’être fixé sur sa peine. Mais cette audience intervient surtout un mois après l’acquittement surprise en appel de Jean-Pierre Bemba dans l’affaire de crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis en Centrafrique. Un acquittement dont il est beaucoup question dans l’audience de ce mercredi.

Les avocats de la défense estiment que l’audience de ce mercredi tourne un peu au procès de la décision d’acquittement de Jean-Pierre Bemba en appel. Ils ont demandé aux juges de ne pas tenir compte du « désaccord continuel », déjà exprimé publiquement par la procureure générale de CPI, Fatou Bensouda, concernant cette décision.

« Le verdict existe et il est final », a même rappelé Me Melinda Taylor, l’avocate de Jean-Pierre Bemba. Pour la défense, quand le bureau du procureur demande la peine maximale de cinq ans de prison pour l’ancien vice-président et deux membres de son équipe de défense parce que la subornation de 14 témoins a favorisé l’acquittement de Jean-Pierre Bemba, il s’agit d’un avis subjectif.

Nouveau document

L’avocate de l’opposant congolais s’est insurgée contre l’enregistrement au greffe d’un nouveau document la veille de l’audience, développant cette ligne d’accusation, introduisant même, dit-elle, de nouveaux éléments alors que Jean-Pierre Bemba a déjà été condamné de manière définitive pour des cas précis.

Les juges ont reconnu que la défense avait le droit de se sentir prise en embuscade pour l’introduction d’un document de plusieurs dizaines de pages dans le registre de la cour alors que normalement, la procédure ne permettait plus l’enregistrement au greffe de requêtes écrites par les parties.

La question sensible des témoignages

La cour a néanmoins décidé de les entendre. Pour le bureau du procureur, il est clair que si 14 des 34 témoins de la défense ont été entraînés à donner certains témoignages par écrit ou à l’oral et que d’autres ont eu des contacts réguliers avant leur témoignage, cela a eu une influence sur la décision d’acquittement.

Car c’est sur la base de certains de ces témoins que la chambre d’appel a décidé de casser la condamnation de Jean-Pierre Bemba à 18 ans de prison, en disant que plusieurs circonstances atténuantes n’avaient pas été prises en compte par les juges de première instance.

« Leur plan a fonctionné »

Le représentant de Fatou Bensouda cite par exemple le témoignage du témoin D14 auquel l’avocat de Jean-Pierre Bemba de l’époque, Me Aimé Kilolo, co-condamné pour subornation de témoins, avait demandé d’atténuer l’idée que Jean-Pierre Bemba avait connaissance des crimes commis par ses troupes en Centrafrique.

Le premier substitut du procureur cite d’autres témoins, d’autres affirmations et des passages de la décision d’acquittement. « Leur plan a fonctionné », n’a cessé de répéter le représentant de Fatou Bensouda.

Ce mercredi matin, c’est donc principalement le bureau du procureur qui s’est exprimé. Les avocats de la défense de Me Jean-Jacques Kabongo ont commencé à s’exprimer, mais la cour a prononcé une suspension d’audience. Les plaidoiries ont repris à 14h et devaient se poursuivre cet après-midi jusqu’à 16h.

 

 

Par RFI Publié le 04-07-2018

Modifié le 04-07-2018 à 19:15

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electionsci2016415 juin 20184min212

Deux jours après l’annonce de libération de Jean-Pierre Bemba, la Belgique a répondu favorablement ce jeudi 14 juin à la demande de la Cour pénale internationale d’accueillir l’ancien vice-président congolais et s’apprête à le recevoir dans les prochains jours.

Avec notre envoyée spéciale à Bruxelles,

C’est par un communiqué du ministre des Affaires étrangères Didier Reynders que les autorités belges annoncent avoir répondu favorablement à la demande de la CPI de permettre « le séjour de Monsieur Bemba en Belgique où réside sa famille, suite à sa mise en liberté provisoire ». La Belgique « a toujours inscrit son action en soutien aux juridictions pénales internationales », ajoute le communiqué, précisant que cette décision a été transmise à la Cour.

« Ils ne veulent pas être accusés de devenir le refuge des opposants congolais, même si la Belgique l’a toujours été, même du temps de Mobutu », explique à RFI un fin connaisseur de la politique belge. Mais la Belgique et le Congo ont été à couteaux tirés ces derniers mois. Kinshasa a mis fin à la coopération militaire et à la coopération de développement avec la Belgique, fermé la maison Schengen qui délivrait des visas de courte durée pour l’Union européenne, prétextant qu’elle était tenue par son ancienne puissance coloniale.

Reste à savoir quand ce transfert aura lieu. Toujours selon ce communiqué, les démarches pratiques seront entreprises à cet effet dans les jours à venir. Pour les proches de Jean-Pierre Bemba et les membres de son parti, le plus tôt serait le mieux. Certains en viennent même à imaginer un transfert cette nuit en catimini, comme cela a été le cas pour d’autres personnalités remises en liberté par la Cour.

 

 

Par RFI Publié le 14-06-2018

Modifié le 15-06-2018 à 01:52

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electionsci201648 juin 20183min200

Le jugement de deux membres de la société civile qui ont appelé à un troisième mandat du président Mahamadou Issoufou a été mis en délibéré au 14 juin. Le procès de Salissou Ibrahim et Issoufou Brah s’est tenu hier à Zinder, dans l’Est du pays. Arrêtés il y a une dizaine de jours, ils avaient demandé, sur une radio locale, au président Issoufou de se représenter en 2021. Selon la Constitution du Niger, un président n’a droit qu’à deux mandats. Salissou Ibrahim et Issoufou Brah sont donc accusés de « propos non agréés en vue de former un complot pour détruire le régime constitutionnel ».

L’audience a duré près de deux heures. Salissou Ibrahim et Issoufou Brah ont comparu sans avocats, ayant préféré assurer eux-mêmes leur défense.

Dès le début de l’audience, l’enregistrement de leurs propos tenus à la radio a été diffusé. Des propos reconnus par les deux militants de la société civile : satisfaits de l’action de Mahamadou Issoufou, ils souhaitent que le président brigue un nouveau mandat pour poursuivre ses actions, notamment en terme de sécurité.

Salissou Ibrahim et Issoufou Brah ont en revanche nié avoir pris part à un complot contre l’ordre constitutionnel. Les deux jeunes s’expliquent : dans leur discours ils appellent les parlementaires à voter à l’Assemblée nationale une modification de la Constitution.

« Le schéma est clair », a commenté au téléphone Moussa Chaidou, procureur au tribunal Zinder. « De tels propos sont inacceptables dans le contexte actuel. Souvenez-vous de 2010. Nous sommes un pays démocratique, nous entendons le rester, ce discours nous expose à des critiques inutiles » a-t-il conclu.

Salissou Ibrahim et Issoufou Brah risquent une peine allant d’une à neuf années de prison, et une amende de 50 000 à 20 millions de francs CFA.

 

 

Par RFI Publié le 08-06-2018

Modifié le 08-06-2018 à 04:03

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electionsci2016423 avril 20183min185

Un ex-conseiller du vice-président a été condamné à trois ans de prison dont trois jours fermes pour incitation à la rébellion ce week-end à Moroni. Seul membre du régime à avoir gardé un esprit critique depuis le début de mandat du président Azali Assoumani il y a deux ans, Paul-Charles Delapeyre s’est exprimé une fois de trop sur les réseaux sociaux. Après avoir été démis de ses fonctions, il a dû faire face aux poursuites judiciaires.

Trois ans de prison dont trois jours fermes pour le désormais ex-conseiller du vice-président en raison d’un post sur un réseau social très utilisé à la suite de la décision du président d’annihiler la Cour constitutionnelle.

« Contrairement aux réquisitions du procureur de la République qui demandait deux ans fermes, le tribunal a estimé qu’il fallait qu’il prenne trois jours fermes. On respecte cette décision. Le droit a été dit. Nous estimons que justice a été rendue en partie. Mais pour nous, l’infraction n’est pas constituée, surtout l’élément intentionnel. L’intention de Paul-Charles Delapeyre n’a pas été d’inciter les gens à la rébellion », assure son avocat Me Omar Zaïd.

Le post incriminant évoquait le devoir patriotique de l’armée de remettre la maison en ordre et le processus de conscientisation du peuple comorien souverain. Une apologie de coup d’Etat, s’indigne Mohamed Daoud, ministre de l’Intérieur :

« Quand on parle de coup d’Etat, beaucoup de choses en découlent donc on ne peut pas rester indifférent à ce genre de situations. Il faut comprendre : le président a pris une décision d’ailleurs je ne sais pas d’où vient cette apologie et pourquoi il l’a faite parce que le pays est stable. Comparé au temps de nos prédécesseurs, je pense qu’il n’y avait pas lieu d’inciter les gens à faire un coup d’Etat. »

Après une semaine de mandat de dépôt effectuée, Paul-Charles Delapeyre reste condamné à trois ans de prison avec sursis, soit pour le reste du quinquennat du président de la République.

 

 

http://www.rfi.fr/afrique/20180422-comores-ex-conseiller-vice-president-condamne-trois-ans-prison

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electionsci2016419 avril 20183min180

En RDC, il est question de fonds publics envolés. De l’argent destiné à l’équipe nationale de football n’est jamais arrivé jusqu’aux Léopards. Des enquêtes ont été lancées au début du mois et ont donc abouti à la garde à vue de quatre responsables, notamment le président de la Fédération congolaise de football, la Fecofa. Ils ont été interpellés mardi 17 avril.

Constant Omari, vice-président, et Barthélemy Okito, secrétaire général aux Sports, sont entendus ce mercredi par le parquet de Kinshasa Matete. Constant Omari a montré un visage fatigué, non seulement par cette affaire, mais aussi par une longue période de convalescence, selon un membre de sa famille qui a fait le déplacement à Kinshasa.

Les quatre dirigeants sportifs ont été interpellés mardi vers 21 heures 30 suite à une action menée par les inspecteurs judiciaires au service de Luzolo Bambi, les conseillers spéciaux du chef de l’Etat en matière de lutte contre la corruption et le blanchiment de capitaux. Ils sont entendus sur les présumés détournements de près d’un million de dollars américains, cette somme a été demandée dans le cadre de l’organisation de quatre matches impliquant l’équipe nationale de la RDC. Au niveau de la Fecofa, on soutient que cette somme n’est jamais arrivée dans les caisses de la fédération.

Pour le moment, on ne sait toujours pas si les quatre prévenus sortiront libres cet après-midi. Entre temps aux abords du parquet, une petite foule constituée des membres du mouvement sportif congolais s’est constituée.

 

 

Par RFI Publié le 18-04-2018

Modifié le 18-04-2018 à 17:07

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electionsci2016413 avril 20184min229

C’est une information révélée par le magazine Challenges : Vincent Bolloré pourrait être bientôt convoqué par les juges d’instruction du pôle financier qui enquêtent notamment sur les conditions de reprise de la concession du port de Conakry, en Guinée, et d’un terminal à conteneurs du port de Lomé, au Togo. Une perquisition avait déjà été menée en avril 2016 au siège du groupe Bolloré dans le cadre de cette enquête. Le groupe Bolloré a indiqué n’avoir reçu aucune convocation visant les des membres de sa direction.

En 2010, alors qu’Alpha Condé est en campagne pour l’élection présidentielle guinéenne, il reçoit les conseils d’un dirigeant de l’agence de publicité Havas, Jean-Philippe Dorent. Une agence dans laquelle Bolloré détient des parts. Une fois élu en 2011, Alpha Condé va écarter Getma de la concession du terminal à conteneur du port de Conakry pour la confier au groupe Bolloré Africa Logistic.

A la même époque, Faure Gnassingbé candidat à sa propre succession au Togo fait appel au même Jean-Philippe Dorent pour une partie de sa communication. Quelques mois plus tard, Bolloré reçoit la concession du terminal à conteneur du port de Lomé au détriment de Jacques Dupuydauby.

La justice française qui a ouvert une enquête soupçonne le groupe Bolloré d’avoir utilisé les services rendus par le dirigeant de Havas pour obtenir des contreparties.

Depuis avril 2016 et la perquisition des juges au siège du groupe Bolloré, les enquêteurs cherchent à prouver qu’il y aurait eu « corruption d’agent public étranger ».

Bolloré se défend de toute action illégale et affirme que c’est sa seule expertise portuaire qui lui a valu de remporter ces contrats. Vincent Bolloré va-t-il devoir s’expliquer devant les juges français ? Pour l’instant, le groupe dit n’avoir reçu aucune convocation visant sa direction.

■ Le groupe Bolloré en Afrique

A la tête d’un conglomérat présent sur quatre continents dans la gestion portuaire, l’opérateur français a fait de l’Afrique sa terre d’élection.

Présente en Afrique depuis plus de trente ans, Bolloré Africa Logistics gère aujourd’hui, seule ou en partenariat, seize ports maritimes et une vingtaine de ports secs. Les conditions de l’obtention de la gestion logistique des ports de Conakry et de Lomé, au centre d’une enquête judiciaire, renforcent l’idée que Vincent Bolloré, l’homme qui murmure à l’oreille de certains chefs d’Etat, profiterait de cette proximité pour fructifier ses affaires. Ces huit dernières années, ses investissements se chiffreraient à deux milliards d’euros, lesquels, se défend-il, lui auraient permis d’acquérir les concessions portuaires incriminées.

→(Re)lire: L’empire Bolloré en Afrique: de la logistique aux médias

 

 

Par RFI Publié le 12-04-2018

Modifié le 13-04-2018 à 04:53

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electionsci2016410 avril 20183min170

La « présence » de mercenaires autour de l’opposant Moïse Katumbi remonterait « à partir de novembre 2015 », selon un rapport confidentiel de l’Agence nationale de renseignement (ANR). Le Parquet, lui, situe les faits une année plus tôt.

En RDC, services de sécurité et Parquet sont-ils en train de se mélanger les pinceaux ? En tout cas, dans l’affaire dite « des mercenaires », le responsable de la redoutable Agence nationale de renseignement (ANR) et le procureur général de la République ne semblent pas être sur la même ligne lorsqu’il faut situer le moment de l’infraction.

Dans un document confidentiel intitulé « Rapport d’enquête actualisé sur le recrutement des mercenaires par sieur Katumbi Chapwe Moïse », adressé le 16 décembre 2016 au procureur général de la République – avec copie notamment à Joseph Kabila, chef de l’État -, et dont Jeune Afrique a pu consulter quelques extraits ce lundi 9 avril, l’ANR rappelle les faits et les situe vers la fin de l’année 2015.

« À partir de novembre 2015 »…

« Après la démission du sieur Katumbi Chapwe Moïse, le 29 septembre 2015, de ses fonctions de gouverneur de l’ex-province du Katanga, il a été notoirement observé, à partir de novembre 2015, dans son entourage immédiat, la présence des gardes du corps d’origine étrangère, notamment le sieur Toon Jr III Leonardo O’Neal, alias LT, sujet américain, qui a séjourné à Lubumbashi, du 29 décembre 2015 au 3 janvier 2016, avant de disparaître momentanément de la circulation », peut-on lire dans ce document de 208 pages, dont 39 annexes.

C’est d’ailleurs à la suite de ce « constat » qu’Évariste Boshab, alors vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, avait publié, le 5 janvier 2016, un communiqué officiel « rappelant l’obligation faite à toute personne physique ou morale, bénéficiaire d’une garde rapprochée, d’en faire déclaration au plus tard le 15 janvier 2016 au commandant de la police nationale congolaise le plus proche de sa résidence ou de ses installations », poursuit le texte.

 

 

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electionsci201646 avril 20185min172

Jacob Zuma comparait ce vendredi 6 avril devant un tribunal de Durban pour répondre d’accusations de corruption, fraude et blanchiment d’argent. Il s’agit d’une première comparution dans une vieille affaire de vente d’armes qui remonte aux années 1990.

L’ex-président sud-africain est accusé d’avoir touché des pots-de-vin de Thomson CSF – l’ancien nom de la société Thalès – dans le cadre d’un contrat d’armement de près de 4 milliards d’euros conclu en 1999.

A l’époque, Jacob Zuma est vice-président du pays. Il est accusé d’avoir perçu un total de 50 millions d’euros du groupe français. En échange, il se serait engagé à faire du lobbying en sa faveur.

Au total l’Afrique du Sud a décidé de dépenser plus de 10 milliards de dollars pour renouveler son armement. Des armes dont le pays n’avait pas vraiment besoin et qui sont à peine utilisées aujourd’hui. Mais la principale raison, c’est que plus de 300 millions de dollars de pots-de-vin ont été payés lors de ces contrats.
Andrew Feinstein, député de l’ANC en 1999 et membre d’une commission parlementaire qui a enquêté sur cette affaire

L’argent est négocié via un intermédiaire, Shabir Sheik, le conseiller financier de Jacob Zuma. Les preuves sont nombreuses et solides, notamment un fax codé envoyé par Alain Têtard, le directeur local de Thalès, confirmant que l’argent sera déposé dans tel compte, à telle date en échange des services rendus par Jacob Zuma.

En 2005, les deux hommes sont inculpés pour corruption, mais seul Shabir Sheik sera condamné à 15 ans de prison. Les chefs d’inculpation contre Jacob Zuma sont abandonnés à plusieurs reprises, notamment à la veille de son élection à la présidence pour vice de procédure.

Rebondissements

Pendant 10 ans, l’opposition se bat pour obtenir la réouverture du dossier. Il y a deux ans, elle obtient gain de cause auprès de la plus haute autorité du pays. Et le procureur de la République – qui a pourtant trainé des pieds – n’a d’autre choix que de réinstaurer ces chefs d’inculpation : 16 au total, pour corruption, fraude et racket.

Aujourd’hui Jacob Zuma risque gros. Il n’est plus le président de la République et ne bénéficie plus d’un soutien aussi important. Et surtout, selon ceux qui suivent le dossier, les preuves sont accablantes.

Près de 10 ans après sa dernière comparution, de nouveaux témoignages pourraient en effet mettre en difficulté l’ancien président sud-africain et par ricochet la société Thalès. Appelée aussi à comparaître devant la justice sud-africaine dans le rôle d’accusé, l’entreprise française refuse de commenter « une affaire en cours », alors que Jacob Zuma a toujours clamé son innocence. L’audience qui s’ouvre ce vendredi à Durban devrait être de pure forme, pour un procès qui risque d’être long, selon des juristes.

Enfin, l’un des autres enjeux à l’ouverture de ce procès concerne les frais juridiques de jacob Zuma. L’opposition demande à ce qu’il rembourse tous les frais payés par l’Etat depuis 2009, des frais juridiques évalués à plus d’un million d’euros.

 

 

Par RFI Publié le 06-04-2018

Modifié le 06-04-2018 à 07:53

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electionsci2016427 mars 20184min224

En Libye, le chef de la division d’investigation auprès du procureur général, à Tripoli, a confié à RFI avoir communiqué, à la justice française, les dépositions de trois hauts dignitaires libyens emprisonnés et interrogés dans le cadre de l’affaire d’un présumé financement libyen de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy, en 2007. L’ancien président français a été mis en examen la semaine dernière pour « corruption passive », « financement illégal de campagne électorale » et « recel de détournement de fonds publics libyens ». Des faits qu’il a toujours niés. Selon les juges français, ce sont les éléments d’enquête libyens, récemment versés au dossier, qui ont permis l’accélération de la procédure et la mise en examen de Nicolas Sarkozy.

Sur ce dossier, « la coopération judiciaire existe entre la France et la Libye depuis plusieurs années », explique, à RFI, Assiddik Assour, chef de la division d’investigation du procureur général de Tripoli.

Une première demande avait été adressée par la justice française aux Libyens en janvier 2014, mais « la collaboration a véritablement débuté, il y a deux ans », précise le responsable libyen.

Puis, un coup d’accélérateur a été donné aux échanges entre Paris et Tripoli, il y a seulement un an. La justice française a alors dépêché plusieurs missions à Tripoli et ces derniers mois, la justice libyenne a commencé à donner concrètement suite aux demandes formulées par la France. Elle a notamment transmis les dépositions de trois hauts dignitaires libyens emprisonnés à savoir, Abdallah Al Sanoussi, ex-chef de renseignement extérieur libyen, Al Baghdadi Al Mahmoudi, ancien Premier ministre et Abdallah Mansour, ex-chef du renseignement intérieur.

Ces trois personnalités avaient été entendues, fin 2016 et début 2017, dans la prison d’Al-Hadaba, par le procureur général de Tripoli, mais jamais par des juges français. Assiddik Assour tient à préciser que la Libye a ouvert sa propre enquête sur un présumé financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy et c’est dans ce cadre que les dignitaires libyens ont été entendus.

Tripoli n’exclut pas de se porter partie civile dans cette affaire.

A noter que des extraits des dépositions des dignitaires libyens dont nous venons de parler et qui ont permis aux juges français d’avancer dans leur enquête, ont été mis en ligne sur le site du journal Mediapart, ce week-end.

 

 

 

Par RFI Publié le 26-03-2018

Modifié le 26-03-2018 à 23:19

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electionsci2016421 mars 201810min210

A la Cour pénale internationale (Cpi) depuis 2014, Charles Blé Goudé a, dans une déclaration dont nous avons pris connaissance, rappelé les conditions dans lesquelles il a été transféré à la Haye et sa situation actuelle.

21 mars 2014 – 21 mars 2018 : il y a aujourd’hui 4 ans que le gouvernement de mon pays m’a remis à la Cpi.

C’était le 21 mars de 2014 aux environs de 10h. C’est sous escorte d’éléments FRCI agités et de policiers du CCDO que je suis arrivé au palais de justice, au Plateau.
La politique était en notre compagnie dans cette salle du palais de justice pour orienter le droit.
Pauvre Côte d’Ivoire !L’audience était interdite au public. Pourtant, j’ai eu droit à un public particulier composé uniquement de policiers et de soldats FRCI qui avaient rempli la salle d’audience.
Ce jour là, comme toute femme digne de ce nom, ma femme, venue m’apporter son soutien et aussi me donner les nouvelles des enfants que je n’avais plus revus depuis longtemps, n’a pas été autorisée à assister à l’audience. Bien au contraire, Solange a été brutalisée et battue par les éléments policiers du CCDO conduits par le commissaire Youssouf Kouyaté aujourd’hui DG de la police.
En ce jour anniversaire de mes 4 ans d’enfermement à La Haye, je traduis ici toute ma reconnaissance à Solange !
Cette gratitude s’étend aux camarades Koua Justin, Martial Yavo et Maman Angéline Kili qui, ce jour, étaient aux côtés de Solange.

La chambre d’accusation, s’est réunie à la va-vite. La présidente de la Chambre d’Accusation m’invite à la barre. Elle procède à la lecture des charges retenues contre moi et pour lesquelles mon pays a accédé à la requête de la CPI. Vient ensuite le tour des plaidoiries de la défense. Se succèdent à la barre Maîtres N’Dry Claver, Gouaméné, Dadjé, Bohi Bi, Nomel et Bobré.
Quant à maître Gbougnon, c’est en pleurs qu’il a plaidé. A chaque phrase qu’il prononçait, il n’arrivait pas à contenir ses larmes. En effet, la plupart de mes avocats et moi, nous étions des compagnons de galère et des voisins de la résidence universitaire de Yopougon quand nous étions encore étudiants. Aucun d’entre eux n’ignorait la ligne politique que j’avais choisie. Ils vivaient donc comme une injustice ce nouvel épisode de ma vie politique.

Pour ma part, je savais que tout ce cirque était une mise en scène pour donner un vernis à ce «gourdin judiciaire» que le régime Ouattara a pris l’habitude d’utiliser contre ses adversaires politique gênants.
Après les plaidoiries de ma défense, la présidente de la Chambre m’a posé une question des plus surprenantes : « Monsieur Blé Goudé, où désirez-vous être jugé ? En Côte d’Ivoire ou à La Haye ?»
Voici la réponse que j’ai donnée au juge, à faire rire même la soldatesque présente dans la salle d’audience.
« Madame la présidente, c’est la 9ème fois que je fais la prison politique. Mais, c’est la première fois que je suis face à une juge qui demande à un prévenu de choisir son lieu de jugement. Madame, je me suis toujours battu pour le respect des institutions de mon pays. Je ne me renierai pas. Ici, ni mon souhait ni même le votre ne compte ; tous ici, nous devons nous soumettre à la loi. Vous, votre rôle est de l’appliquer. Si maintenant la loi de mon pays vous autorise à me transférer à La Haye, vous savez donc ce qu’il vous reste à faire Madame. Sinon, si vous demandez à n’importe quel prisonnier, il vous dira que son souhait est de rentrer à la maison.»

Sur ces propos, la Chambre s’est retirée puis les juges qui la composent sont revenus dans la salle pour réciter leur dictée préparée : « Monsieur Blé Goudé, la Chambre autorise votre transfèrement à La Cour Pénale Internationale. Avez-vous quelque chose à déclarer ? »
J’ai juste pris la parole pour dire : « Madame la Présidente, je voudrais juste savoir à quelle heure est prévue le décollage de l’avion. Je n’ai plus rien à ajouter, je vous remercie. »

Ainsi la Chambre et le public n’ont pas eu droit aux larmes de Charles Blé Goudé, simplement parce qu’ils ne le méritaient pas. C’est le lendemain déjà, à bord d’un avion belge, que j’ai été transféré à La Haye où je suis arrivé à 2h du matin. Depuis j’y suis enfermé aux côtés du Président Laurent Gbagbo.

Au lieu d’un soutien dans la douleur, c’est plutôt un ballet d’injures et d’accusations organisé, orienté et coordonné contre ma personne. Pendant 4 ans mes oreilles ont été remplies d’assertions aussi farfelues les unes que les autres. Sur ma sortie d’Abidjan en 2011, mon arrestation au Ghana, ma détention à la DST, mon transfèrement à la CPI beaucoup a été dit et beaucoup continue d’être raconté. Jusque là je m’étais imposé la discipline de ne pas y répondre car il y a des silences qu’il ne faut pas déranger. Mais il y a aussi que le silence a souvent des relents de complicité et de trahison. La rumeur court et semble bien distillée et entretenue au sein de la population par des individus qui y ont des intérêts propres. Ils n’éprouvent aucun scrupule, aucune vergogne à même utiliser le mensonge comme arme pour parvenir à leurs fins.

Aujourd’hui 21 mars 2018, cela fait exactement 4 ans que je suis enfermé à la CPI aux côtés du président Laurent Gbagbo. Le simulacre de procès à Abidjan qui était supposé me remettre en liberté conformément à un deal que j’aurais contracté avec le régime de Ouattara n’a toujours pas eu lieu.
Ici à la CPI, mon prétendu témoignage contre Laurent Gbagbo n’a non plus pas eu lieu puisque les témoignages à charges sont clos. Malheureusement, bien que tous leurs mensonges sciemment distillés s’écroulent chaque jour comme autant de châteaux de cartes, des personnalités politiques en liberté se permettent d’établir un tribunal parallèle contre moi par le biais de rumeurs, de vidéos et autres accusations infondées, comme si le procès auquel je fais face à la CPI, au nom de notre cause commune, n’était pas suffisamment pesant.

Par respect pour les ivoiriens et les africains, pour éclairer la lanterne de l’opinion, afin de ne pas laisser le mensonge prospérer, un livre témoignage est en cours d’édition et sera publié au mois de mai 2018. Plus personne ne pourra ignorer la vérité et les choses seront enfin claires. Ce n’est pas à ces calomniateurs que je répondrai par ce biais. C’est plutôt aux ivoiriens et aux personnes qui portent un intérêt sincère au combat pour lequel je suis embastillé à la CPI que je me dois d’apporter des réponses.

Le chemin est encore long, seule la mutualisation de nos efforts, notre solidarité et notre lucidité peuvent nous aider à arriver à quai pour construire une alternative sans repli-sur-soi, esprit de vengeance, ni bouc émissaire. Qu’un camarade n’ait pas la même opinion sur un sujet donné ne fait pas de lui un traitre.

Que Dieu bénisse la Côte d’Voire
Charles Blé Goudé, Homme politique

A la Cour pénale internationale (Cpi) depuis 2014, Charles Blé Goudé a, dans une déclaration dont nous avons pris connaissance, rappelé les conditions dans lesquelles il a été transféré à la Haye et sa situation actuelle.

21 mars 2014 – 21 mars 2018 : il y a aujourd’hui 4 ans que le gouvernement de mon pays m’a remis à la Cpi.

C’était le 21 mars de 2014 aux environs de 10h. C’est sous escorte d’éléments FRCI agités et de policiers du CCDO que je suis arrivé au palais de justice, au Plateau.
La politique était en notre compagnie dans cette salle du palais de justice pour orienter le droit.
Pauvre Côte d’Ivoire !L’audience était interdite au public. Pourtant, j’ai eu droit à un public particulier composé uniquement de policiers et de soldats FRCI qui avaient rempli la salle d’audience.
Ce jour là, comme toute femme digne de ce nom, ma femme, venue m’apporter son soutien et aussi me donner les nouvelles des enfants que je n’avais plus revus depuis longtemps, n’a pas été autorisée à assister à l’audience. Bien au contraire, Solange a été brutalisée et battue par les éléments policiers du CCDO conduits par le commissaire Youssouf Kouyaté aujourd’hui DG de la police.
En ce jour anniversaire de mes 4 ans d’enfermement à La Haye, je traduis ici toute ma reconnaissance à Solange !
Cette gratitude s’étend aux camarades Koua Justin, Martial Yavo et Maman Angéline Kili qui, ce jour, étaient aux côtés de Solange.

La chambre d’accusation, s’est réunie à la va-vite. La présidente de la Chambre d’Accusation m’invite à la barre. Elle procède à la lecture des charges retenues contre moi et pour lesquelles mon pays a accédé à la requête de la CPI. Vient ensuite le tour des plaidoiries de la défense. Se succèdent à la barre Maîtres N’Dry Claver, Gouaméné, Dadjé, Bohi Bi, Nomel et Bobré.
Quant à maître Gbougnon, c’est en pleurs qu’il a plaidé. A chaque phrase qu’il prononçait, il n’arrivait pas à contenir ses larmes. En effet, la plupart de mes avocats et moi, nous étions des compagnons de galère et des voisins de la résidence universitaire de Yopougon quand nous étions encore étudiants. Aucun d’entre eux n’ignorait la ligne politique que j’avais choisie. Ils vivaient donc comme une injustice ce nouvel épisode de ma vie politique.

Pour ma part, je savais que tout ce cirque était une mise en scène pour donner un vernis à ce «gourdin judiciaire» que le régime Ouattara a pris l’habitude d’utiliser contre ses adversaires politique gênants.
Après les plaidoiries de ma défense, la présidente de la Chambre m’a posé une question des plus surprenantes : « Monsieur Blé Goudé, où désirez-vous être jugé ? En Côte d’Ivoire ou à La Haye ?»
Voici la réponse que j’ai donnée au juge, à faire rire même la soldatesque présente dans la salle d’audience.
« Madame la présidente, c’est la 9ème fois que je fais la prison politique. Mais, c’est la première fois que je suis face à une juge qui demande à un prévenu de choisir son lieu de jugement. Madame, je me suis toujours battu pour le respect des institutions de mon pays. Je ne me renierai pas. Ici, ni mon souhait ni même le votre ne compte ; tous ici, nous devons nous soumettre à la loi. Vous, votre rôle est de l’appliquer. Si maintenant la loi de mon pays vous autorise à me transférer à La Haye, vous savez donc ce qu’il vous reste à faire Madame. Sinon, si vous demandez à n’importe quel prisonnier, il vous dira que son souhait est de rentrer à la maison.»

Sur ces propos, la Chambre s’est retirée puis les juges qui la composent sont revenus dans la salle pour réciter leur dictée préparée : « Monsieur Blé Goudé, la Chambre autorise votre transfèrement à La Cour Pénale Internationale. Avez-vous quelque chose à déclarer ? »
J’ai juste pris la parole pour dire : « Madame la Présidente, je voudrais juste savoir à quelle heure est prévue le décollage de l’avion. Je n’ai plus rien à ajouter, je vous remercie. »

Ainsi la Chambre et le public n’ont pas eu droit aux larmes de Charles Blé Goudé, simplement parce qu’ils ne le méritaient pas. C’est le lendemain déjà, à bord d’un avion belge, que j’ai été transféré à La Haye où je suis arrivé à 2h du matin. Depuis j’y suis enfermé aux côtés du Président Laurent Gbagbo.

Au lieu d’un soutien dans la douleur, c’est plutôt un ballet d’injures et d’accusations organisé, orienté et coordonné contre ma personne. Pendant 4 ans mes oreilles ont été remplies d’assertions aussi farfelues les unes que les autres. Sur ma sortie d’Abidjan en 2011, mon arrestation au Ghana, ma détention à la DST, mon transfèrement à la CPI beaucoup a été dit et beaucoup continue d’être raconté. Jusque là je m’étais imposé la discipline de ne pas y répondre car il y a des silences qu’il ne faut pas déranger. Mais il y a aussi que le silence a souvent des relents de complicité et de trahison. La rumeur court et semble bien distillée et entretenue au sein de la population par des individus qui y ont des intérêts propres. Ils n’éprouvent aucun scrupule, aucune vergogne à même utiliser le mensonge comme arme pour parvenir à leurs fins.

Aujourd’hui 21 mars 2018, cela fait exactement 4 ans que je suis enfermé à la CPI aux côtés du président Laurent Gbagbo. Le simulacre de procès à Abidjan qui était supposé me remettre en liberté conformément à un deal que j’aurais contracté avec le régime de Ouattara n’a toujours pas eu lieu.
Ici à la CPI, mon prétendu témoignage contre Laurent Gbagbo n’a non plus pas eu lieu puisque les témoignages à charges sont clos. Malheureusement, bien que tous leurs mensonges sciemment distillés s’écroulent chaque jour comme autant de châteaux de cartes, des personnalités politiques en liberté se permettent d’établir un tribunal parallèle contre moi par le biais de rumeurs, de vidéos et autres accusations infondées, comme si le procès auquel je fais face à la CPI, au nom de notre cause commune, n’était pas suffisamment pesant.

Par respect pour les ivoiriens et les africains, pour éclairer la lanterne de l’opinion, afin de ne pas laisser le mensonge prospérer, un livre témoignage est en cours d’édition et sera publié au mois de mai 2018. Plus personne ne pourra ignorer la vérité et les choses seront enfin claires. Ce n’est pas à ces calomniateurs que je répondrai par ce biais. C’est plutôt aux ivoiriens et aux personnes qui portent un intérêt sincère au combat pour lequel je suis embastillé à la CPI que je me dois d’apporter des réponses.

Le chemin est encore long, seule la mutualisation de nos efforts, notre solidarité et notre lucidité peuvent nous aider à arriver à quai pour construire une alternative sans repli-sur-soi, esprit de vengeance, ni bouc émissaire. Qu’un camarade n’ait pas la même opinion sur un sujet donné ne fait pas de lui un traitre.

Que Dieu bénisse la Côte d’Voire
Charles Blé Goudé, Homme politique