RDC: discussions autour d’un possible report des élections provinciales

RDC: discussions autour d’un possible report des élections provinciales

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Reporter les élections provinciales en RDC prévues ce mois-ci provoque un débat. Le procureur général est pour, mais la Commission électorale est contre. Le but serait d’enquêter sur des cas de corruption. Dans la société civile, on salue cette initiative, mais on s’interroge sur son tempo.

En RDC, le report des élections provinciales demandé par le procureur général près la Cour de cassation fait débat. Samedi, le procureur général Flory Kabange Numbi a demandé à la Commission nationale électorale indépendante que les élections des sénateurs et des gouverneurs prévues ce mois de mars soient retardées, le temps d’enquêter sur de possibles cas de corruption. La Céni s’y est refusée.

Pour Jonas Tshiombela de la Nouvelle Société congolaise, la demande du procureur général est fondée : « On a reporté les élections pour des raisons de maladie Ebola. Il y a un autre mal qui s’appelle la corruption. On ne peut pas encourager les anti-valeurs dans notre société en laissant organiser l’élection au vu et au su de tout le monde, alors qu’on parle de la corruption. A notre humble avis, nous estimons que la Céni ferait mieux d’analyser cette question en profondeur pour en tirer les conséquences qui s’imposent pour que finalement les gouverneurs, les sénateurs issus d’un processus crédible moins entaché que ce que l’on pense aujourd’hui de députés provinciaux qui seraient trempés dans des trafics d’influence, dans la corruption. Je pense que la demande du procureur, bien que tardive, ça vaut la peine qu’elle soit exploitée en profondeur. »

Pour Georges Kapiamba du mouvement de l’Association congolaise pour l’accès à la justice (Acaj), le procureur général s’est toujours montré indifférent aux demandes de la société civile et des églises. Il ne comprend pourquoi celui-ci fait volteface à la dernière minute.

« On ne peut pas se réveiller comme ça la veille des élections des sénateurs pour demander à ce que lesdites élections soient reportées parce qu’on doit faire des enquêtes. Ça, c’est d’un. De deux, nous savons qu’il peut mener ses enquêtes indépendamment de la tenue des élections. Ce n’est pas que nous sommes contre les enquêtes, mais nous disons que demander à ce que ces élections soient reportées revient tout simplement à vouloir tirer les choses en longueur pour rien. On passe à la procédure. Pour nous d’ailleurs, derrière cette demande il y a en réalité la volonté de faire tirer le processus de la mise en place des nouvelles institutions en longueur. Et nous sommes totalement opposés parce qu’il faudrait que le processus avance, qu’il y ait des nouvelles institutions pour permettre au pays de se relancer. »

Les élections des sénateurs sont prévues le 15 mars et celles des gouverneurs de province le 26 mars 2019.

 

 

Par RFI

 Publié le 11-03-2019

Modifié le 11-03-2019 à 11:25

Reporter les élections provinciales en RDC prévues ce mois-ci provoque un débat. Le procureur général est pour, mais la Commission électorale est contre. Le but serait d’enquêter sur des cas de corruption. Dans la société civile, on salue cette initiative, mais on s’interroge sur son tempo.

En RDC, le report des élections provinciales demandé par le procureur général près la Cour de cassation fait débat. Samedi, le procureur général Flory Kabange Numbi a demandé à la Commission nationale électorale indépendante que les élections des sénateurs et des gouverneurs prévues ce mois de mars soient retardées, le temps d’enquêter sur de possibles cas de corruption. La Céni s’y est refusée.

Pour Jonas Tshiombela de la Nouvelle Société congolaise, la demande du procureur général est fondée : « On a reporté les élections pour des raisons de maladie Ebola. Il y a un autre mal qui s’appelle la corruption. On ne peut pas encourager les anti-valeurs dans notre société en laissant organiser l’élection au vu et au su de tout le monde, alors qu’on parle de la corruption. A notre humble avis, nous estimons que la Céni ferait mieux d’analyser cette question en profondeur pour en tirer les conséquences qui s’imposent pour que finalement les gouverneurs, les sénateurs issus d’un processus crédible moins entaché que ce que l’on pense aujourd’hui de députés provinciaux qui seraient trempés dans des trafics d’influence, dans la corruption. Je pense que la demande du procureur, bien que tardive, ça vaut la peine qu’elle soit exploitée en profondeur. »

Pour Georges Kapiamba du mouvement de l’Association congolaise pour l’accès à la justice (Acaj), le procureur général s’est toujours montré indifférent aux demandes de la société civile et des églises. Il ne comprend pourquoi celui-ci fait volteface à la dernière minute.

« On ne peut pas se réveiller comme ça la veille des élections des sénateurs pour demander à ce que lesdites élections soient reportées parce qu’on doit faire des enquêtes. Ça, c’est d’un. De deux, nous savons qu’il peut mener ses enquêtes indépendamment de la tenue des élections. Ce n’est pas que nous sommes contre les enquêtes, mais nous disons que demander à ce que ces élections soient reportées revient tout simplement à vouloir tirer les choses en longueur pour rien. On passe à la procédure. Pour nous d’ailleurs, derrière cette demande il y a en réalité la volonté de faire tirer le processus de la mise en place des nouvelles institutions en longueur. Et nous sommes totalement opposés parce qu’il faudrait que le processus avance, qu’il y ait des nouvelles institutions pour permettre au pays de se relancer. »

Les élections des sénateurs sont prévues le 15 mars et celles des gouverneurs de province le 26 mars 2019.

 

 

Par RFI

 Publié le 11-03-2019

Modifié le 11-03-2019 à 11:25