Elections 2020 / Konan Kouadio Siméon, président d’Initiatives pour la paix (Ipp) : « Voici les conditions pour des élections paisibles »

electionsci201641 février 20194min165

Konan Kouadio Siméon dit KKS, président d’Initiatives pour la paix (Ipp), s’est prononcé sur les élections de 2020 au cours d’un entretien.

Faut-il craindre pour les élections de 2020 ? Pour Konan Kouadio Siméon dit KKS, président d’Initiatives pour la paix (Ipp), la réponse est ‘’oui’’ et ‘’non’’. « Oui, il y a fort à craindre si le contexte socio politique ainsi que l’état d’esprit actuels ne connaissent pas d’évolution réelle et radicale. Non, si dans un sursaut de conscience, nous acceptons de faire ce qu’il y à faire, c’est-à-dire de réunir les conditions honnêtes pour des élections démocratiques, régulières et sincères », a-t-il répondu au cours d’un entretien le week-end dernier à Abidjan. L’homme spirituel, qui a fait acte de candidature aux élections de 2010 et 2015, pense que les conditions pour des élections aux lendemains paisibles en Côte d’Ivoire sont de deux types : d’abord spirituel, ensuite seulement politique et technique. Le vrai problème est, selon lui, la peur des conséquences de la perte du pouvoir, la peur du retour du bâton dans un contexte encore chargé de haine et de méchanceté. Un contexte où les douleurs et souvenirs de 2011 reste vivaces dans les esprits. Un contexte de non réconciliation dans lequel le pouvoir, fait-il remarquer, est devenu une question de vie ou de mort.

« C’est donc d’abord dans l’esprit et le cœur qu’il faut travailler pour effacer la peur, la haine, le désir de vengeance et tous les ressentiments. Cela passe par l’incontournable processus du pardon, de la réconciliation et de la paix. C’est pourquoi je ne me lasse pas d’en appeler au dialogue et à la concertation nationale pour créer, dans le cadre de la réconciliation nationale, les conditions de ces assurances et de la confiance mutuelles pour des élections aux lendemains paisibles », a dit KKS. Qui ajoute que les violences postélectorales récurrentes montrent bien que la simple organisation des élections ne constitue pas la panacée aux problèmes de la Côte d’Ivoire. De ce point de vue, il estime que la Cei n’est en réalité qu’une partie du problème, et que sa simple recomposition ne saurait garantir des élections apaisées.

Pour le président d’Ipp, la quête d’une paix définitive impose de tirer les leçons du passé par un travail préparatoire pour « solder tous les lourds contentieux de ces confrontations fratricides de ces 30 dernières années et traiter définitivement toutes les questions de fonds qui ont divisé les Ivoiriens ». D’où son appel à l’ouverture d’une période de transition démocratique dès la fin du mandat du président actuel.

Interrogé sur sa candidature et celle de Bédié, Ouattara et Gbagbo en 2020, il répond que sa préoccupation pour l’heure, « c’est comment l’on remplit les meilleures conditions pour y aller sereinement. Il est temps pour Bédié, Gbagbo et Ouattara de prendre du repos », a-t-il conclu.

 

H. OULAÏ

Konan Kouadio Siméon dit KKS, président d’Initiatives pour la paix (Ipp), s’est prononcé sur les élections de 2020 au cours d’un entretien.

Faut-il craindre pour les élections de 2020 ? Pour Konan Kouadio Siméon dit KKS, président d’Initiatives pour la paix (Ipp), la réponse est ‘’oui’’ et ‘’non’’. « Oui, il y a fort à craindre si le contexte socio politique ainsi que l’état d’esprit actuels ne connaissent pas d’évolution réelle et radicale. Non, si dans un sursaut de conscience, nous acceptons de faire ce qu’il y à faire, c’est-à-dire de réunir les conditions honnêtes pour des élections démocratiques, régulières et sincères », a-t-il répondu au cours d’un entretien le week-end dernier à Abidjan. L’homme spirituel, qui a fait acte de candidature aux élections de 2010 et 2015, pense que les conditions pour des élections aux lendemains paisibles en Côte d’Ivoire sont de deux types : d’abord spirituel, ensuite seulement politique et technique. Le vrai problème est, selon lui, la peur des conséquences de la perte du pouvoir, la peur du retour du bâton dans un contexte encore chargé de haine et de méchanceté. Un contexte où les douleurs et souvenirs de 2011 reste vivaces dans les esprits. Un contexte de non réconciliation dans lequel le pouvoir, fait-il remarquer, est devenu une question de vie ou de mort.

« C’est donc d’abord dans l’esprit et le cœur qu’il faut travailler pour effacer la peur, la haine, le désir de vengeance et tous les ressentiments. Cela passe par l’incontournable processus du pardon, de la réconciliation et de la paix. C’est pourquoi je ne me lasse pas d’en appeler au dialogue et à la concertation nationale pour créer, dans le cadre de la réconciliation nationale, les conditions de ces assurances et de la confiance mutuelles pour des élections aux lendemains paisibles », a dit KKS. Qui ajoute que les violences postélectorales récurrentes montrent bien que la simple organisation des élections ne constitue pas la panacée aux problèmes de la Côte d’Ivoire. De ce point de vue, il estime que la Cei n’est en réalité qu’une partie du problème, et que sa simple recomposition ne saurait garantir des élections apaisées.

Pour le président d’Ipp, la quête d’une paix définitive impose de tirer les leçons du passé par un travail préparatoire pour « solder tous les lourds contentieux de ces confrontations fratricides de ces 30 dernières années et traiter définitivement toutes les questions de fonds qui ont divisé les Ivoiriens ». D’où son appel à l’ouverture d’une période de transition démocratique dès la fin du mandat du président actuel.

Interrogé sur sa candidature et celle de Bédié, Ouattara et Gbagbo en 2020, il répond que sa préoccupation pour l’heure, « c’est comment l’on remplit les meilleures conditions pour y aller sereinement. Il est temps pour Bédié, Gbagbo et Ouattara de prendre du repos », a-t-il conclu.

 

H. OULAÏ